Derrière les projets présentés ce samedi 19 septembre 2026 à l’Ivoire Trade Center, à Abidjan (Côte d’Ivoire), se joue une ambition qui dépasse la compétition. Avec le Yango Fellowship Pan-African Graduation, l’entreprise entend investir dans une jeunesse africaine appelée à concevoir ses propres réponses aux défis du continent, en s’appuyant sur la technologie, la formation et l’innovation.
Ils étaient 24 jeunes Fellows venus de Côte d’Ivoire, de Zambie, du Ghana, d’Éthiopie, du Sénégal et du Mozambique à présenter les solutions développées au cours des douze semaines du programme. Face à un jury indépendant, les candidats ont défendu des projets portant notamment sur l’emploi, la gestion des déchets, les transports, la robotique et les services universitaires.

Pour Kadotien SORO, Directeur régional de Yango, qui a salué la présence des participants à Abidjan, cette journée constitue avant tout une célébration de leur engagement. « Les vrais héros sont les étudiants qui compétissent », a-t-il souligné, avant de rappeler la philosophie qui sous-tend l’initiative : « À Yango, nous bâtissons la technologie ; c’est un investissement que nous faisons ».

Cette approche place ainsi les jeunes au centre de la stratégie. Il ne s’agit pas seulement de leur transmettre des connaissances techniques, mais de leur donner les moyens de transformer ces connaissances en solutions susceptibles de répondre à des besoins concrets.
Des solutions pensées à partir des réalités africaines
Les projets distingués lors de cette édition illustrent cette volonté de rapprocher technologie et problématiques du quotidien.
Dans la catégorie des projets de groupe, Africoded, porté par l’équipe 4, a remporté le premier prix, doté de 4500 dollars américains. Le projet consiste en une plateforme assistée par Intelligence Artificielle destinée à mettre en relation des demandeurs d’emploi africains avec des opportunités professionnelles transfrontalières, de télétravail et de développement de carrière à travers le continent.

La deuxième place revient à Harambee, avec une dotation de 2500 dollars. Son projet propose un système intelligent de collecte et de recyclage des déchets mettant en relation ménages, collecteurs et acteurs du recyclage. La plateforme permet notamment de programmer des collectes à la demande et d’instaurer des mécanismes de récompense pour encourager le tri et le recyclage.
Avec Bloom, classé troisième et récompensé de 1 500 dollars, les Fellows se sont attaqués à une autre problématique très présente dans les villes africaines : le paiement des transports. Le projet vise à déployer un système de perception des tarifs sans espèces dans les minibus, « trotro » et autres moyens de transport informels, grâce notamment aux cartes sans contact et au mobile money.
Dans la catégorie individuelle, le premier prix, d’un montant de 1500 dollars, a été attribué à Fredrick Mwepu, de Zambie, pour RoboCore. Sa plateforme entend rendre l’enseignement des Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques (STIM) plus accessible et pratique grâce à une solution robotique développée localement, associant matériel réparable sur place et ressources pédagogiques.
Le deuxième prix, doté de 1000 dollars, revient à Meshack Kwame Nartey, du Ghana, pour Shuttle Smart, une application mobile destinée à permettre aux étudiants de suivre les navettes universitaires et de connaître leur heure et leur lieu d’arrivée.
Le troisième prix, également doté de 1000 dollars, a été remporté par Oulimata Rose Dia, du Sénégal, pour Smart Bin Collection Sénégal.

Investir dans la technologie, mais aussi dans l’humain
Au-delà des projets, les échanges de la cérémonie ont mis en évidence une conviction partagée : le développement technologique du continent passe d’abord par le développement des compétences.
Shashi SINGH, Directeur des opérations de Yango Ride pour l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie, a ainsi élargi la perspective en insistant sur la dimension humaine de l’initiative. Selon lui, l’entreprise ne se limite pas à construire des solutions technologiques ; elle entend également « construire l’être humain », notamment à travers l’accès à l’éducation et à la formation.
Une vision qui repose sur l’idée que la transformation des économies africaines ne peut être portée par les seuls pouvoirs publics. « Un gouvernement ne peut pas construire seul ; c’est de l’apport de tout le monde », a-t-il déclaré, estimant que l’effort consiste à investir dans « les personnes qui peuvent contribuer au développement de leurs pays ».

Cette lecture rejoint les préoccupations des politiques publiques ivoiriennes en matière d’insertion professionnelle. Représentant le Ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, Jacob Dri BI a présenté les actions engagées par le gouvernement ivoirien en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes, une démarche qui rejoint l’objectif porté par le Fellowship.
Un investissement qui place la jeunesse au cœur de l’innovation
Au terme de cette journée de pitchs, le Yango Fellowship laisse apparaître une réalité : l’innovation africaine ne se résume pas aux technologies développées, mais repose aussi sur les femmes et les hommes capables de les concevoir, de les adapter et de les mettre au service des besoins du continent.
Les six projets récompensés en sont une illustration. De l’Intelligence Artificielle appliquée à l’emploi au recyclage des déchets, en passant par la digitalisation du transport, la robotique éducative ou encore la mobilité universitaire, les jeunes Fellows ont travaillé sur des problématiques concrètes, avec des réponses pensées à partir de leurs réalités.

C’est aussi là que se situe la portée du programme : donner à la jeunesse un cadre pour apprendre, expérimenter, innover et transformer ses idées en solutions. Un investissement dans les compétences technologiques qui, au-delà de la compétition, entend contribuer à faire émerger des talents capables de participer au développement de leurs pays.
Avec cette édition panafricaine, Yango confirme ainsi l’importance accordée à la formation et à l’accompagnement des jeunes dans son approche. Une dynamique qui se traduit, à Abidjan, par la rencontre de 24 Fellows venus de six pays et par la mise en lumière de projets qui témoignent, chacun à leur manière, du potentiel de cette nouvelle génération d’innovateurs africains.
Nadège Koffi
