Du 21 au 24 octobre 2026, la capitale marocaine accueillera la première édition d’Africa Amusement & Attractions Expo. Plus de 100 exposants et 10.000 visiteurs professionnels sont attendus autour d’un secteur qui entend désormais miser sur l’expérience, l’innovation et l’investissement.
Le secteur africain des loisirs et des attractions s’apprête à franchir une nouvelle étape. Du 21 au 24 octobre prochain, Rabat accueillera la première édition d’Africa Amusement & Attractions Expo (AAAEXPO), une plateforme professionnelle panafricaine destinée à mettre en relation fabricants, opérateurs, investisseurs, développeurs de projets et décideurs publics.
Dans un communiqué de presse transmis au média Afrique Economie par les organisateurs, pour cette première édition les organisateurs annoncent la participation de plus de 100 exposants, de plus de 10.000 visiteurs professionnels et d’acteurs issus de plus d’une vingtaine de pays.
L’objectif affiché est de créer un espace durable de rencontres entre l’offre internationale et les projets qui se développent sur le continent africain.

Un marché en pleine transformation
Au-delà des parcs d’attractions traditionnels, l’industrie du loisir connaît une transformation de son modèle. Les consommateurs recherchent désormais davantage qu’une simple attraction : ils privilégient des expériences capables de susciter des émotions, de raconter une histoire et de créer un univers.
Cette évolution concerne plusieurs segments, notamment les parcs d’attractions et aquatiques, les Family Entertainment Centers, l’arcade et le gaming, mais également la réalité virtuelle et augmentée, les technologies immersives, le tourisme et les solutions destinées à améliorer l’expérience des visiteurs.
AAAEXPO veut ainsi se positionner à l’intersection de ces différentes activités, avec l’ambition d’accompagner les professionnels dans la conception et la réalisation de nouveaux projets.
L’investissement au cœur du rendez-vous
Le salon entend également dépasser le format classique d’une exposition commerciale. Son programme repose sur quatre axes : une exposition professionnelle, des ateliers pratiques, des conférences et panels ainsi que des rencontres B2B et B2G.
Cette dernière dimension doit notamment permettre aux fabricants et fournisseurs internationaux de rencontrer des investisseurs, opérateurs, porteurs de projets et représentants des pouvoirs publics africains.
Avec plus de 15 conférences et sessions professionnelles annoncées, les échanges porteront notamment sur la conception des attractions, le storytelling, la musique et le son dans les expériences immersives, le gaming et les technologies émergentes, mais aussi sur la sécurité des visiteurs et la conformité des équipements.
Une question traverse toutefois l’ensemble de ces réflexions : comment développer en Afrique des expériences de loisirs économiquement viables, adaptées aux réalités culturelles locales et capables de répondre aux standards internationaux ?

Le Maroc veut jouer les intermédiaires
Le choix de Rabat pour cette première édition traduit également l’ambition de faire du Maroc un point de connexion entre les marchés internationaux et le continent africain.
Le Royaume dispose d’un secteur touristique en développement et cherche à renforcer l’attractivité de ses territoires en diversifiant son offre. AAAEXPO bénéficie, dans ce cadre, du soutien de la Société Marocaine d’Ingénierie Touristique (SMIT) en qualité de partenaire institutionnel.
Pour les organisateurs, le développement des loisirs et des attractions peut contribuer à renforcer l’attractivité des destinations, à diversifier les activités proposées aux visiteurs et à créer de nouveaux espaces de consommation et de divertissement.
Un potentiel africain encore largement à structurer
L’argument démographique constitue également l’un des moteurs de ce marché. Avec une population jeune, une urbanisation rapide et une économie touristique qui se développe, le continent présente un potentiel important pour les industries du divertissement.
Les mutations urbaines créent par ailleurs de nouveaux espaces susceptibles d’accueillir ces activités. Les centres commerciaux évoluent progressivement vers des lieux de vie, tandis que les hôtels et resorts cherchent à enrichir leurs services. Dans le même temps, les destinations touristiques cherchent à prolonger la durée des séjours et à diversifier les expériences proposées.
Pour les organisateurs d’AAAEXPO, cette évolution ouvre des perspectives aux investisseurs, aux opérateurs et aux entreprises spécialisées dans les équipements et technologies de loisirs.
L’enjeu est désormais de structurer les échanges entre ces différents acteurs et de favoriser le transfert de compétences et de savoir-faire vers les marchés africains.
Vers une industrie africaine du loisir ?
Au-delà de l’événement d’octobre, AAAEXPO affiche une ambition plus large : contribuer à l’émergence d’une véritable industrie africaine des attractions et du loisir.
Le défi consiste notamment à permettre aux acteurs locaux de mieux accéder aux technologies, aux compétences et aux solutions développées sur les marchés internationaux, tout en encourageant la création de projets adaptés aux réalités africaines.
Rabat constituera ainsi, pendant quatre jours, un point de convergence entre une industrie internationale en mutation et un continent dont les besoins en matière de loisirs, de tourisme et d’expériences récréatives sont appelés à évoluer avec les transformations démographiques et urbaines.
Nadège Koffi
