La sécurité dans les services de mobilité numérique ne se limite plus à une fonctionnalité accessible depuis une application. Elle repose désormais sur un ensemble de mécanismes permettant d’identifier les risques, d’intervenir lorsqu’un incident survient et, progressivement, de mieux les prévenir.
C’est l’un des principaux enseignements de la présentation du rapport de sécurité Yango Ride 2024-2025, organisée ce jeudi 03 septembre au siège de l’entreprise à Cocody, à Abidjan.
Présentant les grandes lignes du rapport, Kadotien SORO, Directeur Régional de Yango, a insisté sur une approche globale de la sécurité. « La sécurité est un système, pas une fonctionnalité », a-t-il expliqué, en mettant en avant les différents dispositifs qui encadrent le parcours du passager et du chauffeur.

Selon le rapport, ce dispositif intervient avant, pendant et après chaque trajet, en combinant technologie, assistance humaine, expertise locale et coopération avec les autorités chargées de la sécurité publique.
Avant le trajet, la vérification constitue la première ligne de prévention. Le chauffeur partenaire fait notamment l’objet d’un contrôle du permis de conduire, tandis que des vérifications supplémentaires peuvent être appliquées selon la réglementation et le niveau de risque du marché.
Des contrôles récurrents, notamment par selfie ou sur le véhicule, peuvent également intervenir après l’accès à la plateforme.
Pendant le trajet, plusieurs fonctionnalités permettent notamment le suivi de l’itinéraire, le partage des informations du trajet avec des contacts de confiance, l’accès au bouton SOS et une communication protégée entre les utilisateurs. Des signaux peuvent également contribuer à identifier des écarts d’itinéraire, des arrêts prolongés ou des comportements inhabituels.
Des résultats mesurables
Cette approche s’accompagne, selon les données présentées, d’une évolution favorable de plusieurs indicateurs de sécurité. À l’échelle mondiale, les infractions routières graves signalées ont diminué de 31 %, passant de 9,83 à 6,76 pour un million de trajets sur la période 2024-2025.
Le rapport estime par ailleurs à un incident ou quasi-accident signalé pour 64 000 km la moyenne mondiale.
En Afrique, la baisse est encore plus marquée. Les incidents de conduite dangereuse signalés sont passés de 13,05 à 8,08 pour un million de trajets, soit une diminution de 38 %.
La tendance est également observée dans plusieurs pays : -49 % en Zambie, -35 % en Côte d’Ivoire, -34 % en Angola et -33 % au Sénégal.
En Côte d’Ivoire, le document fait également état d’une diminution de 11 % des plaintes liées à des contacts après le trajet en 2026, par rapport à l’évolution annuelle de référence présentée dans le rapport.
Pour Kadotien SORO, l’enjeu est désormais d’aller au-delà de la réaction après incident. Les mots employés lors de la présentation résument cette orientation : identifier, prédire et répondre.
De la réaction à la prévention
Cette évolution passe notamment par l’exploitation des données issues des trajets. Les évaluations, signalements, signaux GPS et données liées au comportement de conduite peuvent contribuer à détecter certaines tendances et à déclencher des actions proportionnées, allant de la communication et de l’avertissement jusqu’aux restrictions temporaires ou à la perte d’accès, selon la fréquence et la gravité des situations signalées.
La plateforme prévoit également de renforcer cette approche. Parmi les prochaines étapes annoncées figurent la détection des risques assistée par l’Intelligence Artificielle (IA), le renforcement de la vérification d’identité, l’analyse intelligente des itinéraires, la détection proactive des accidents et l’analyse du comportement de conduite adaptée aux différents modes de transport, notamment les deux et trois-roues.
L’approche présentée ne repose toutefois pas uniquement sur la technologie. L’entreprise met également en avant la formation des chauffeurs partenaires, la sensibilisation des communautés et les partenariats avec les acteurs locaux.
En Côte d’Ivoire, le rapport cite notamment les actions menées avec l’OSER, la CNPS et la Croix-Rouge, ainsi que trois sessions de formation organisées en 2024 avec la police et l’OSER.
Au-delà des chiffres, la présentation met ainsi en évidence une évolution du modèle de sécurité dans la mobilité numérique : détecter les signaux, comprendre les situations, intervenir lorsque cela est nécessaire et tirer les enseignements des trajets pour prévenir de nouveaux risques.
Pour l’entreprise, cette orientation doit permettre de poursuivre les efforts en matière de prévention, de détection et de réponse aux incidents, tout en adaptant les dispositifs aux réalités des différents marchés africains.
Nadège Koffi
