Crise sanitaire mondiale : La Fédération Marocaine de la Franchise révèle que le Secteur du Commerce et de la Franchise contribue à hauteur de 8% du PIB et ne devraient pas être exclus des mesures de relance mises en place face à cette crise au Maroc

Crise sanitaire mondiale : La Fédération Marocaine de la Franchise révèle que le Secteur du Commerce et de la Franchise contribue à hauteur de 8% du PIB et ne devraient pas être exclus des mesures de relance mises en place face à cette crise au Maroc

Le Secteur du Commerce et de la Franchise contribue à hauteur de 8% du PIB ; ainsi, ces Secteurs ne doivent pas être exclus des mesures de relance mises en place par le Gouvernement marocain (Afrique du Nord).

C’est ce qui ressort de l’analyse  des mesures proposées par Loi de finances rectificative 2020, de la Fédération Marocaine de la Franchise (FMF) transmis au site www.afriqueeconomie.net , le lundi 13 juillet 2020 par le Service Communication de la Fédération.

Dans un rapport, où il est mentionné que les Secteurs les plus touchés par cette crise sont notamment le Tourisme (94% des Établissements Hôteliers touristiques classés en arrêt à fin mai 2020) ; l’Industrie du Textile et du Cuir (76% des Entreprises en arrêt en avril 2020 et une chute cumulée des exportations de 74% à fin mai 2020), l’Industrie Mécanique, Métallurgique et Électrique (73% des Entreprises en arrêt en avril 2020 avec un choc prononcé, durant le mois de mai 2020, sur l’Industrie Automobile qui a accusé une chute brutale de ses exportations de 89% et sur l’Industrie Aéronautique avec une baisse de plus de 76%) et le Secteur du Bâtiment et Travaux Publics (56% des Entreprises en arrêt en avril 2020 confirmé par une baisse des ventes de ciments de 55%), révèle le rapport.

   

En effet, l’économie marocaine traverse aujourd’hui sa pire crise depuis plusieurs années. Pour y faire face, les instances décisionnelles du pays ont mis en place, depuis mars 2020, une pléthore de mesures de soutien, de relance et de réajustement structurel, dont la dernière en date est la Loi de finances rectificative 2020.

La FMF, consciente de la gravité de la situation pour les Entreprises marocaines, est très impliquée dans le processus de reprise de l’activité économique au Maroc. Elle s’est ainsi livrée à une analyse des mesures proposées la Loi de finances rectificative 2020, à la lumière de la situation que traverse le Secteur de la Franchise et du Commerce, lié directement à l’Industrie et à l’économie du pays.

Toutefois, force est de constater que le Secteur du Commerce en général n’est pas cité parmi les Secteurs impactés par la crise, et ne ressort ni dans la Loi de Finances rectificative 2020, ni dans les différents Plans d’action entrepris par le Gouvernement. Pourtant, le Secteur du Commerce et de la Franchise a subi de plein fouet les répercussions économiques de la pandémie de la COVID-19, selon l’analyse. La grande majorité des Commerces, tous Secteurs confondus, ont dû arrêter toute activité, tout en continuant à supporter des charges conséquentes pendant toute la durée du confinement au Maroc. La baisse d’activité pendant cette période de confinement est évaluée à près de 90% du Chiffre d’Affaires, voire l’arrêt total de toute activité. La crise menace sérieusement de nombreuses enseignes et pourrait aboutir à une fermeture définitive des structures les plus fragilisées quelques mois à peine après le redémarrage très timide de leurs activités, indique le rapport.

Par ailleurs, le Secteur du Commerce et de la Franchise emploie près de 2 millions de personnes au Maroc soit près de 14% de la population active du pays, étant le deuxième pourvoyeur d’emplois au niveau national après l’Agriculture. Le Secteur du Commerce et de la Franchise contribue à hauteur de 8% du PIB. Ainsi, ces Secteurs ne doivent pas être exclus des mesures de relance mises en place, souligne le rapport.

Face à ce contexte de grande crise, la FMF, Porte-Parole des Acteurs du Secteur, a multiplié les rencontres depuis mars 2020 avec les Entreprises touchées et a formulé à maintes reprises des recommandations concrètes pour aider le Secteur à se relever.

Parmi les recommandations phares élaborées par la FMF, à même d’éviter une fermeture imminente de ces Commerces et la suppression de milliers d’emplois dans ce Secteur, l’on cite entre autres, le Loyer, les Taxes et Impôts, les Douanes et les Crédits et Programmes de soutien, etc.

En ce qui concerne le Loyer ; pour gérer la problématique de l’acquittement des loyers par les Commerçants en période de fermeture administrative, la FMF préconise notamment, la suspension des procédures exécutoires durant cette période (pour une durée de 12 mois) et cela afin d’offrir l’opportunité aux gérants d’Entreprises de se ressaisir et trouver des solutions ; propose que les loyers entre bailleurs privés et gérants d’Entreprises soient pris en charge de manière équitable, durant cette période, par le gérant d’Entreprise, le bailleur privé et l’État, comme instauré dans les années 80, avec le Plan d’Ajustement Structurel afin de soulager les gérants d’Entreprises et les bailleurs privés ; d’Inciter les Assurances à mettre en place une indemnité locative.

Concernant les Taxes et Impôts, la FMF recommande un abattement de 50% des taxes dues, entre 2020 et 2021, ainsi que l’accélération de la mise en œuvre des réformes de l’Administration, conformément à la Loi de finances rectificative 2020 et ses orientations.

Au niveau des Douanes, il est mentionné dans la Loi de finances rectificative 2020, qu’un relèvement considérable du droit d’importation de 30% à 40%. Cette mesure qui, selon le même texte de loi, vise l’amélioration des recettes douanières collectées au titre du droit d’importation, d’encouragement de la production locale et de réduction du déficit de la balance commerciale, soulève plusieurs questionnements quant aux dispositifs mis en place par le Gouvernement marocain, afin de permettre aux Commerces et aux Entreprises de se tourner vers, ou se lancer dans la production locale. Ce relèvement du droit d’importation constitue un danger non seulement pour les Entreprises, mais aussi pour le consommateur qui se retrouvera face à une inflation des Prix. « Il est donc nécessaire de reconsidérer cette mesure, afin de ne pas engouffrer le consommateur et le producteur, à la fois, dans une crise du pouvoir d’achat », recommande cette Loi.

Pour ce qui concerne les Crédits et Programmes de soutien, plusieurs propositions sont faites entre autres, l’allégement des conditions d’octroi des garanties de financement dans le cadre du dispositif DAMANE RELANCE. « Il serait intéressant que les sociétés avec impayés et hors contentieux, puissent bénéficier du crédit DAMANE RELANCE, surtout que la crise liée à pandémie succède à une autre crise, liée à la conjoncture économique mondiale, en 2019, qui a été une année très difficile pour les TPME », révèle la FMF.

Le Programme INTILAKA, qui est un Programme, initié sous Instruction de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, vise à accompagner et à soutenir, chaque année, près de 13.500 TPME avec comme objectif, la création de 27.000 emplois par an. Ce Programme de cofinancement et composé de deux produits majeurs, devrait être accessible à plus de Chefs d’Entreprises. Ainsi, l’âge limite pour accéder aux deux produits du Programme, devrait être relevé de 41 ans à 51 ans. De même, ce Programme pourrait concerner non seulement les Entreprises et les auto-entrepreneurs qui souhaitent démarrer leur activité, mais également celles et ceux dont l’activité a été impactée par la crise liée à la pandémie.

Notons que la FMF est mobilisée pour dépasser cette crise inédite que traverse le pays, main dans la main avec les Acteurs et Entreprises qu’elle regroupe, et se met à disposition des interlocuteurs publics pour réfléchir à des mécanismes de soutien spécifiques à son Secteur.

 

Nadège Koffi

 

 

 

 

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