9ème Rapport sur la Situation économique en Côte d’Ivoire/ Quand la Banque Mondiale interpelle le Gouvernement ivoirien sur les défis à relever pour le Secteur Cacao

9ème Rapport sur la Situation économique en Côte d’Ivoire/ Quand la Banque Mondiale interpelle le Gouvernement ivoirien sur les défis à relever pour le Secteur Cacao

La Banque Mondiale a rendu publique ce jeudi 11 juillet 2019 à l’Auditorium de la Primature au Plateau (Abidjan), son 9ème rapport sur la situation économique en Côte d’Ivoire, qui interpelle le Gouvernement ivoirien sur les défis à relever pour le Secteur Cacao.

Au cours d’une cérémonie de présentation faite en présence d’autorités politiques, d’Opérateurs économiques et d’ONG, la Directrice des Opérations de la Banque Mondiale pour la Côte d’Ivoire, Coralie GEVERS, récemment nommée à la tête de l’Institution, a déclaré que la problématique de la filière Cacao reste un défi pour l’économie ivoirienne.

Selon Madame GEVERS, 1/5 des ivoiriens dépendent du cacao pour sa survie, le cacao représente 40% des exportations des marchandises du pays et constitue de loin la principale source de devises du pays et contribuent fortement aux recettes de l’État; malgré son poids dans l’économie et la société ivoirienne, la filière du cacao ne joue pas pleinement son rôle de moteur de développement économique. « Il y urgence à agir car tout d’abord, plus de la moitié des producteurs vivent en deçà du seuil de pauvreté, avec moins de 757 FCFA (environ 1,2 dollars) par jour. Ensuite, l’expansion des surfaces cultivées au cours des dernières décennies s’est faite au prix de la destruction des forêts du pays. Enfin, la Côte d’Ivoire n’a pas encore réussi à augmenter sa part (5-7%) des gains qui sont réalisées le long de la chaîne du cacao-chocolat au niveau mondial », a-t-elle déclaré.

Pour mieux expliquer le rapport, M. Jacques MORISSET, auteur du rapport et Coordonnateur sectoriel Macroéconomique  de la Banque Mondiale pour le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Togo, a fait une brève présentation de ce rapport d’environ 60 pages, sur la situation économique en Côte d’Ivoire porté principalement, sur le Secteur du cacao qui pourrait soutenir la transformation structurelle du pays et ainsi promouvoir davantage l’inclusion économique et sociale.

En effet, des défis importants doivent être relevés pour remédier aux faiblesses du Secteur et atteindre les objectifs ambitieux du Gouvernement ivoirien pour assurer l’avenir du Secteur cacao. Trois pistes de réflexion sont proposées pour assurer le développement équitable et durable du Secteur.

En premier lieu, la Côte d’Ivoire doit se doter d’un système fiable de prévision de la production et de suivi des modes et de localisation de cette production. Deuxièmement, il faudrait que la Côte d’Ivoire capte une plus grande part de la valeur ajoutée engendrée dans la filière cacao mondiale en améliorant entre autres, la productivité des plantations dans le respect de l’environnement, en adoptant des technologies respectueuses de l’environnement, une politique fiscale sur les ventes de cacao et une transformation industrielle de la Côte d’Ivoire pour développer ses capacités. Troisièmement, assurer une meilleure répartition de la valeur ajoutée parmi les acteurs ivoiriens de la filière, notamment par une utilisation plus équitable des prélèvements fiscaux et parafiscaux qui sont actuellement prélevés sur les producteurs de cacao.

Au nom du Gouvernement ivoirien, le Ministre ivoirien de l’Economie et des Finances, Adama KONE, représentant le Premier Ministre ivoirien, a tout d’abord félicité Madame Coralie GEVERS, récemment nominée comme Directrice des Opérations de la Banque Mondiale pour la Côte d’Ivoire. Ensuite montré les actions menées par le Gouvernement ivoirien pour l’amélioration de la filière cacao et enfin rassuré que des défis restent à faire, entre autres, la transformation locale du cacao qui permettra la création d’emplois des jeunes et des femmes et assurer une meilleure répartition de la valeur ajoutée. « Les défis identifiés par le 9ème rapport sur la situation économique en Côte d’Ivoire de la Banque Mondiale viennent attestés de la justesse et de la pertinence de l’action du Gouvernement dans ce Secteur », s’est-il exprimé.

Cette cérémonie de présentation a été marquée par un panel avec pour thème : « COMMENT AMÉLIORER LA CONTRIBUTION DE LA FILIÈRE CACAO AU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE DE LA COTE D’IVOIRE ? », avec comme panélistes un représentant de la Banque Mondiale et un représentant du Gouvernement ivoirien.

Notons que ce 9ème rapport intitulé : « AU PAYS DU CACAO : COMMENT TRANSFORMER LA COTE D’IVOIRE », montre que l’Agriculture demeure un Secteur de prime importance pour l’économie de la Côte d’Ivoire même si son poids dans le PIB national a diminué de 47,9% en 1960 à environ 21,5% en 2018. Elle procure encore un emploi à plus de la moitié des ménages (exactement 51,2% en 2015) et est de loin la majeure source de devises du pays, comptant pour approximativement 60% de ses exportations en marchandises en 2018. Le développement d’une Agriculture moderne est un complexe en raison du besoin de tenir compte de plusieurs objectifs économiques, sociaux et culturels qui ne sont pas toujours compatibles. Pour cette raison, la Côte d’Ivoire pourrait s’inspirer de pays qui ont réussi à transformer leur agriculture comme le Vietnam, la Thaïlande et le Kenya en mettant d’abord l’accent sur les gains de productivité de leur production vivrière pour ainsi garantir la sécurité alimentaire du pays. Ensuite, parce ces gains auront offert à leurs paysans, l’opportunité de se diversifier, ils vont encourager le développement de filières agricoles à plus forte valeur ajoutée et des activités non-agricoles.

Rappelons que l’économie ivoirienne continue de rester dynamique en ce début d’année 2019, avec une croissance du PIB projetée autour de 7,2% en 2019, après avoir atteint 7,4% en 2018.

 

                                                                Nadège Koffi

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