Un Sommet International sur le Palmier à Huile pour le renforcement des chaînes de valeur pour l’Afrique se tient à Abidjan

Un Sommet International sur le Palmier à Huile pour le renforcement des chaînes de valeur pour l’Afrique se tient à Abidjan

Des acteurs nationaux, régionaux et internationaux de la chaîne de valeurs de la filière du palmier à huile sont réunis du 08 au 09 mai 2019 au Radisson Blu d’Abidjan (Côte d’Ivoire) afin de plancher sur le renforcement des chaînes de valeur pour le continent africain.

Dans l’objectif de positionner le continent africain sur l’échiquier mondial dans la chaîne de valeur de la filière de l’huile de palme, quand on sait que l’Indonésie, pays d’Asie arrive comme leader mondial, la 6ème édition du Sommet africain du palmier à huile et du caoutchouc organisée par le Centre de Technologie de Gestion (CMT), a vu la participation de plusieurs pays venus entre autres, des pays de l’Indonésie, de l’Inde, de la Côte d’Ivoire, du Nigeria, de la Sierra Léone, du Ghana, du Liberia, de la Guinée, etc, pour réfléchir sur des thématiques tels que : « Quels sont les données de récupération du prix du palmier à huile ?; Améliorer les rendements tout au long de la chaîne de valeur ; Le taux d’extraction accéléré de l’huile de palme et le Rôle du financement pour développer les secteurs africains de l’huile de palme et du caoutchouc ».

Lors de la cérémonie d’ouverture de ce Sommet, le Coordinateur Régional Environnement et Climat de l’international Found for Agriculture Development (IFAD), M. Amath Pathe SENE, a salué l’ensemble des participants venus de divers domaines de la filière de l’huile de palme à travers le monde entier afin de trouver des solutions pour le positionnement de ce produit qui est en train de baisser depuis quelques années sur le continent africain et expliqué le choix de la tenue de ce Sommet en Côte d’Ivoire, qui est le leader de la zone UEMOA, par sa croissance économique.

Selon M. SENE, l’importance économique du palmier à huile en Afrique est énorme, vu que c’est l’huile végétale qui est la plus consommée au monde (35 % de la consommation mondiale en 2017), mais depuis quelques années, elle est en train de baisser. Par ailleurs, les acteurs de cette filière que sont les petits, les moyens et les gros producteurs de la chaîne de valeurs, devraient arriver à entre autres, produire de façon durable, augmenter le rendement, l’industrialiser et beaucoup investir sur les terres dégradées pour une meilleure production de l’huile de palme.

Le Directeur de la recherche sur les huiles à LMC International Ltd, David JACKSON, a quant à lui expliqué que les prix de l’huile de palme sont toujours au même niveau que les prix du pétrole, donnant pour raison que l’huile de palme pouvait être transformée en du pétrole, exhortant les acteurs de la filière à augmenter leur production pour mieux rentabiliser dans les années à venir. « Pour comprendre le prix du palmier à huile, il faudrait comprendre le prix du pétrole, car jamais le prix du palmier à huile n’a été en dessous du prix du pétrole. Nous avons besoin de l’huile de palme cependant, elle baisse. En 2020, il y aura peu d’huile de palme et les prix vont baisser, mais en 2021, les prix seront élevés car nous aurons beaucoup plantés. Il faudrait donc produire beaucoup », a-t-il déclaré.

Pour le PDG de DekelOil Côte d’Ivoire, Vince McALEER, l’amélioration des rendements de l’huile de palme passe nécessairement par la certification des produits et une meilleure gestion pour un avenir durable. Également, l’utilisation optimale des biocombustibles, tels que la Fibre, la Coque, les Grappes de fruits vides, les influents, etc peuvent être utilisés en produit d’énergie. « Nous pouvons avoir une amélioration de 20%. En Afrique de l’Ouest, c’est 18% à l’hectare, on peut augmenter de 10% pour les Industries et pour les petits exploitants de 20%. Toutefois, il faudrait une certification de nos produits, les meilleures pratiques de gestion pour un avenir durable de l’huile de palme », s’est-il exprimé.

 

Notons qu’au niveau du continent africain, le Nigeria occupe la 1ère place après la Côte d’Ivoire et la Sierra Léone. Avec 800 millions d’huile de palme, ce sont 50% qui viennent des plantations sauvages et 40% des Entreprises.

Ce Sommet qui prendra fin le 09 mai 2019 à Abidjan, sera marqué par une visite de site à DekelOil, qui dispose d’un moulin de 75 tonnes par heure (2ème en Côte d’ivoire). En plus de générer des grappes de fruits frais à partir de leurs 1968 hectares de plantations. DekeilOil a établi une relation solide avec les petits exploitants et les coopératives, via un programme de production attrayant pour les producteurs restants.

Rappelons que l’huile de palme est un produit qu’on utilise beaucoup en Afrique, entre autres dans la cuisine. L’Indonésie et la Malaisie sont aujourd’hui les principaux pays producteurs mondiaux de ce fruit, et concentrent à eux deux plus de 85 % de la production. Avec plus de 50 millions de tonnes produites chaque année, c’est l’huile végétale la plus consommée au monde (35 % de la consommation mondiale en 2017), dépassant de peu l’huile de soja (24 %) et de loin celles de colza (12 %) et de tournesol (7 %). Cette performance s’explique par son faible coût de production. Le rendement à l’hectare du palmier à huile est en effet dix fois plus élevé que celui du soja. Ainsi, 100 kg de fruits donnent environ 22 kg d’huile. Ingrédient traditionnel des cuisines d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Asie, elle est actuellement massivement utilisée dans les pays non producteurs pour la fabrication d’aliments transformés, en remplacement des graisses animales (saindoux, beurre, etc) et des huiles végétales hydrogénées (dites trans). À ce titre, elle est aussi devenue à la fin du 20ème siècle et au début du 21ème siècle l’un des symboles des problèmes ou limites rencontrés par l’agro-industrie mono-culturale et le « capitalisme agraire ». La demande en huile de palme a augmenté de 8,7 % par an entre 1995 et 2004. On observe une forte croissance de la consommation mondiale qui pourrait atteindre 40 millions de tonnes en 2020, contre 22,5 millions de tonnes en 2010.

Toutefois, Il existe des controverses au sujet de son impact sur la santé, ainsi que de l’impact de sa production sur l’environnement et des conditions de travail liées à la culture des palmiers à huile. Certains critiquent sa haute teneur en acides gras saturés. De fait, une méta-analyse reprenant toutes les études scientifiques publiées sur le sujet conclut en 2015 que l’huile de palme a un impact négatif sur le taux de cholestérol semblable à celui des graisses animales, pas beaucoup plus faible que celui des graisses hydrogénées, et bien plus fort que celui des huiles végétales riches en acides gras insaturés (olive, arachide, etc). Les ONG dénoncent, quant à elles, le développement des plantations de palmiers à huile, car il entraîne une importante déforestation en Malaisie, Indonésie et Papouasie-Nouvelle-Guinée, et constitue une grave menace pour diverses espèces animales vivant dans ces forêts et déjà en danger d’extinction (orangs outans, gibbons, tigres, etc).

Plus récemment, Amnesty International a publié un rapport dénonçant le travail des enfants et le travail forcé dans les plantations d’Indonésie. Par rapport aux autres huiles, le rendement de l’huile de palme en fait un choix privilégié pour la production d’agro carburant, mais sa composition en fait un carburant que l’on ne peut insérer qu’en quantité limitée car elle fige dans les réservoirs. L’huile de palme peut également être hydrogénée afin de produire un agro carburant composé d’alcanes qui ne présente pas les inconvénients de l’huile brute ou de trans-estérification de triglycérides d’acides gras : encrassement du moteur, point de figeage élevé. Ce procédé est mis en œuvre à partir de 2010 dans une usine à Singapour, qui transforme de l’huile de palme provenant de Malaisie. Il s’agit de la plus grande usine d’agro diesel au monde.

 

                                                                     Nadège Koffi

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