Sara TEIAR, Responsable du déploiement de Biogaran en Afrique de l’Ouest et centrale francophone « La Côte d’Ivoire est un pays à fort potentiel, dont le marché est parmi les plus importants de la région. Notre engagement : offrir des médicaments de qualité à des prix accessibles à tous »

Sara TEIAR, Responsable du déploiement de Biogaran en Afrique de l’Ouest et centrale francophone « La Côte d’Ivoire est un pays à fort potentiel, dont le marché est parmi les plus importants de la région. Notre engagement : offrir des médicaments de qualité à des prix accessibles à tous »

Aujourd’hui sur le continent africain, il existe un déficit important de médicaments pour soigner certaines pathologies courantes. Un des défis est de pouvoir constituer une offre riche de médicaments pour répondre à une demande souvent hétérogène. La multiplication d’acteurs certifiés et la création d’organes de contrôle sont indispensables pour assurer une meilleure qualité de santé des patients africains.

BIOGARAN, filiale du Groupe Servier, spécialisée dans la production et la commercialisation de génériques, dispose d’un savoir-faire de plus 20 ans. Le laboratoire pharmaceutique, fondé en 1996, a pour ambition de rendre accessible au plus grand nombre des médicaments de qualité, produits à 94% en Europe. Depuis le 24 janvier 2019,  a eu lieu au Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan le lancement du premier laboratoire français Biogaran.

Afin de savoir les raisons du choix de la Côte d’Ivoire comme lieu d’installation du premier laboratoire français en Afrique, nous avons rencontré  la Responsable du déploiement de Biogaran en Afrique de l’Ouest et centrale francophone, et plus particulièrement en Côte d’Ivoire, Madame Sara TEIAR.

Dans cette interview accordée au site www.afriqueeconomie.net, Madame TEIAR nous donne les raisons de leur installation en Côte d’Ivoire et nous parle de la politique d’action engagée pour répondre aux besoins des populations ivoiriennes mais aussi de la sous-région.

A.E: Présentez-vous à nos lecteurs

Je suis Madame Sara TEIAR. Je  suis Responsable du déploiement de Biogaran en Afrique de l’Ouest et centrale francophone, et plus particulièrement en Côte d’Ivoire. Avant de travailler pour Biogaran en Afrique de l’Ouest francophone, je travaillais pour Biogaran à Lagos, au Nigéria, afin de soutenir l’intégration du laboratoire Swipha, dont l’acquisition a été réalisée en 2017 par Biogaran.

A.E: Qu’est ce qui a motivé votre installation en Côte d’Ivoire, parmi tant de pays sur le continent africain ?

La Côte d’Ivoire est un pays à fort potentiel, dont le marché est parmi les plus importants de la région. Le pays fait figure de Hub en Afrique de l’Ouest, et nous bénéficions déjà d’une notoriété assistée, voire spontanée puisque de nombreuses publicités Biogaran sont diffusées en Côte d’Ivoire.

A.E: Quels sont les services que vous offrez aux populations ivoiriennes mais également africaines ?

Nous offrons des médicaments génériques de qualité, certifiés par les autorités sanitaires européennes, à des prix accessibles. Nous lançons plus précisément 14 médicaments, dont 11 médicaments essentiels répondant à des enjeux de santé publique selon l’OMS. Ces médicaments couvrent six aires thérapeutiques et 5 d’entre eux traitent le diabète et  l’hypertension artérielle. 7 médicaments sont d’ores et déjà inscrits sur la liste des médicaments remboursables de la MUGEFCI. Nous permettons donc à tous les patients de Côte d’Ivoire de bénéficier de traitements de qualité et accessibles.

A.E: Biogaran installé en Côte d’Ivoire depuis Janvier 2019, avez-vous prévu de l’emploi pour la jeunesse ?

Quatre personnes travaillent pour Biogaran en Côte d’Ivoire. Trois d’entre eux assurent la promotion de nos produits, dispensent une information médicale de qualité aux prescripteurs et aux pharmaciens. Une pharmacienne travaille également pour Biogaran afin d’enregistrer nos produits, mais aussi assurer le suivi consécutif à la délivrance de nos médicaments : information médicale pour les professionnels de santé ou les patients ayant une question concernant nos médicaments, mais aussi recueil des cas de pharmacovigilance si le cas se présente. Mais ce n’est que le début : nous avons de grandes ambitions, et avec les grandes ambitions viennent les hommes.

A.E: L’OMS estime à 100.000 le nombre de décès chaque année en Afrique liés à la consommation de faux médicaments. Par ailleurs, en Côte d’Ivoire, en 2005, 5,7 % de la population souffrait de diabète et 21,7 % d’hypertension artérielle selon la même étude. La prévalence des maladies cardiovasculaires est en forte augmentation dans les pays africains où la prise en charge des patients s’avère parfois insuffisante. Quelle sera votre politique afin de remédier à ce problème ?

Les faux médicaments sont une plaie pour le continent, et un véritable enjeu de santé publique. Pour le résoudre, il faut que tous les patients de Côte d’Ivoire puissent s’offrir des médicaments de qualité, qui restent à la portée de leur bourse. C’est notre engagement : offrir des médicaments de qualité à des prix accessibles à tous.

L’hypertension artérielle, le « tueur silencieux » car sans symptôme annonciateur et le diabète sont les pathologies chroniques qui frappent sévèrement le continent. Nous avons conscience de ce défi, et souhaitons y répondre en mettant à disposition des médicaments permettant de le relever : 5 des 14 médicaments commercialisés en Côte d’Ivoire par Biogaran permettent de traiter ces pathologies. Ces médicaments répondent aux standards européens, sont bio-équivalents aux médicaments d’origine et sont accessibles.

Par ailleurs, nous collaborons avec Santé Entreprise Afrique, qui organise des journées de sensibilisation et dépistage de ces deux pathologies chroniques. Dans le cadre de ces journées, nous mettons à la disposition des patients diagnostiqués hypertendus ou diabétiques des échantillons médicaux gratuits pour pouvoir permettre à ces patients d’initier leur traitement immédiatement. Trop souvent les patients n’initient pas le traitement qui peut leur sauver la vie. Ils se disent « ça peut aller, j’en souffre pas d’Hypertension ou qu’il n’y a aucun symptôme qui montre que je suis malade », c’est là que le vrai risque réside. En leur fournissant le premier traitement nous limitons la non prise en charge.

A.E: Quelles sont les actions à courts termes dont Biogaran s’engage à effectuer depuis son installation en Côte d’Ivoire ?

Les actions à courts termes c’est d’abord une action au plus près des professionnels de la Santé et des patients de Côte d’Ivoire. Tout d’abord, en leur proposant des médicaments certifiés par les agences européennes, dans lesquelles ils peuvent avoir confiance, à un prix accessible. Ensuite, nos Visiteurs Médicaux (VM) sont sur le terrain aux côtés des prescripteurs afin de les accompagner dans la prise en charge de leurs patients, notamment en leur transmettant une information médicale de qualité. Enfin, nous mettons à disposition des échantillons médicaux gratuits dans le cadre de journées de dépistage afin de garantir une meilleure prise en charge des patients hypertendus ou diabétiques. Enfin, nous avons parlé de 14 médicaments, mais ce n’est qu’un début. Nous avons près de 850 médicaments disponibles en France, et nous souhaitons que les patients de Côte d’Ivoire puissent en bénéficier également : nous sommes actuellement en train d’étendre notre gamme afin de couvrir d’autres aires thérapeutiques, comme l’oncologie.

A.E: Nous savons tous que la pauvreté en Afrique entraîne nos populations à se tourner vers les « médicaments de la rue ». Pensez-vous que vos prix seront accessibles aux populations ?

Nous avons fait nos meilleurs efforts pour qu’ils le soient. Tout d’abord, nous avons systématiquement revu les prix France à la baisse pour les rendre plus accessibles aux patients de Côte d’Ivoire. Les prix proposés en Côte d’Ivoire sont parfois 2 fois moins élevés que les prix en France, alors même que les prix français sont déjà bas car réglementés par les autorités de santé françaises. Ensuite, nous travaillons en partenariat avec les mutuelles et complémentaires santé afin que nos médicaments soient remboursés autant que possible. Ainsi, 7 de nos 14 médicaments sont déjà sur la liste des médicaments remboursables de la MUGEF-CI.

A.E: Quels sont les produits dont pourront bénéficier les populations quand on sait que les maladies les plus récurrentes en Afrique sont le paludisme, le diabète, l’AVC et n’oublions pas le SIDA ?

Nos médicaments permettent de traiter de nombreuses pathologies. Nous avons parlé de l’hypertension artérielle et du diabète. Nous proposons également des antibiotiques contre les infections bactériennes (otites, sinusites, pneumopathie, infections urinaires…) et des médicaments contre la douleur, la dysfonction érectile et la diarrhée. Le paludisme est une pathologie inexistante en France. Notre offre est donc limitée pour le moment, mais nous y travaillons. En ce qui concerne les antirétroviraux, nous essayons de voir dans quelle mesure nous pouvons proposer nos solutions.

A.E: L’accès aux médicaments en Afrique est un problème très crucial pour les localités reculées de la capitale ou grande ville. Quelle sera à ce niveau votre politique pour un accès facile de vos produits aux populations ?

Nos médicaments sont pour le moment disponibles à Abidjan, Gagnoa, Bouaké. Dans les mois qui viennent nous souhaitons être présents dans chaque centre de Santé Communautaire pour pouvoir proposer nos Produits à tous les patients qui en ont besoin.

A.E: Votre mot de fin à l’endroit de nos lecteurs

Je remercie le site www.afriqueeconomie.net de m’avoir accordé cette interview. J’ai été ravie de répondre à vos questions.

L’accès à des soins de qualité accessibles est un réel défi et nous souhaitons faire partie de la solution, aux côtés du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, déjà bien engagé pour le relever avec, notamment, la mise en place de la CMU (Couverture Maladie Universelle).

Interview réalisée par Nadège Koffi

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