CHANGEMENT CLIMATIQUE/LA BANQUE MONDIALE INTERPELLE L’ETAT DE CÔTE D’IVOIRE

CHANGEMENT CLIMATIQUE/LA BANQUE MONDIALE INTERPELLE L’ETAT DE CÔTE D’IVOIRE

La Banque Mondiale a rendu public le jeudi 12 juillet 2018 à Abidjan (Plateau), le 7ème rapport économique sur la Côte d’Ivoire, intitulé « POUR QUE DEMAIN NE MEURE JAMAIS-LA CÔTE D’IVOIRE FACE AU CHANGEMENT CLIMATIQUE ».

Au cours d’une cérémonie de dissémination de ce rapport, tenue en présence des autorités politiques, du corps diplomatique, du secteur privé et académique, de la société civile et des médias, il a été révélé que la Côte d’Ivoire occupe la place de 147ème sur 178 pays, confrontés à la vulnérabilité au changement climatique.

Selon le Directeur des Opérations de la Banque Mondiale pour la Côte d’Ivoire, le bénin, le Burkina Faso et le Togo, Pierre LAPORTE, la Côte d’Ivoire apparaît comme l’un des pays les plus vulnérables de la planète à ce phénomène, en raison de sa position géographique et la dépendance de son économie à l’agriculture relativement peu diversifiée et tributaire des conditions climatiques. « La bonne gestion du capital naturel de la Côte d’Ivoire ainsi que la maîtrise du risque climatique doivent devenir des priorités, si le pays veut se maintenir sur un sentier de croissance accélérée et harmonieuse dans la durée », a déclaré Monsieur LAPORTE.

Soutenue dans cette même lancée, Monsieur Jacques MORISSET, Coordonnateur sectoriel Macroéconomique de la Banque Mondiale pour la Côte d’Ivoire, le bénin, le Burkina Faso et le Togo, et auteur de ce rapport a révélé que pour s’adapter au changement climatique, il faudrait une prise de conscience urgente et collective.

Ainsi, selon le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC), le changement climatique pourrait faire baisser le PIB de l’ensemble de l’Afrique de 2 à 4% d’ici 2040 et entre 10 et 25% en 2100. Pour la Côte d’ivoire, cela correspondrait à une perte équivalente de 380 à 770 milliards de FCFA. Ces pertes se repartiraient entre le secteur agricole, le capital humain et les infrastructures.

Bien vrai que la croissance du PIB semble bonne (tourne autour de 7 et 8%), le défi des autorités ivoiriennes sera de trouver le juste équilibre entre une conduite budgétaire prudente mais efficace, tout en favorisant l’essor du secteur privé et en maîtrisant les risques internes et externes. Le rapport montre également que le PIB est un indicateur trompeur en cela qu’elle ne tient pas compte de l’environnement, ce qui crée une impression faussée de développement. « Fort de ce constat, de nombreux économistes soutiennent que le PIB ivoirien et les comptes nationaux devraient être élargis pour inclure les coûts et les avantages environnementaux », ajoute le rapport.

Par ailleurs, l’expérience internationale montre de plus en plus qu’il ne s’agit pas seulement de croître le plus rapidement possible, mais aussi de s’assurer que cette croissance soit partagée et soutenable en préservant le stock de capital naturel du pays. « Il est facile d’imaginer qu’un pays qui gaspille ses réserves minérales, agricoles et forestières, ne pourra pas se maintenir longtemps sur un rythme de croissance accélérée. Il pourrait même mettre en danger le bien-être de ses générations futures », explique le rapport.

Le Ministre ivoirien de l’Economie et des Finances, Adama KONE, représentant le Premier Ministre, a félicité la Banque Mondiale, pour la pertinence du choix du thème donné à ce rapport et a montré les efforts déployés par le Gouvernement ivoirien, afin de faire face à ce phénomène. Il est question entre autres, de la participation aux différents forums internationaux consacrés au changement climatique, la limitation des émissions de gaz CO2, la favorisation à l’utilisation d’énergies renouvelables et d’un plan de reforestation qui est progressivement mis en place.  Invitant également les partenaires nationaux et internationaux à relever ce défi.

Un panel sur le thème « LA CÔTE D’IVOIRE FACE AU CHANGEMENT CLIMATIQUE » qui a vu la participation de Marianne FAY, Economiste en chef du Département Développement Durable de la Banque Mondiale et du Ministre ivoirien de l’Environnement et du Développement Durable, Professeur Joseph SEKA SEKA, a permis d’échanger avec les participants sur la manière à explorer les moyens d’incorporer l’impact du changement climatique dans la politique de développement du pays.

La 7ème édition de ce rapport de plus d’une cinquantaine de pages est divisée en deux grandes parties. Une partie qui présente les données économiques récentes de la Côte d’Ivoire et une deuxième partie qui se focalise sur la question du changement climatique.

 

                                                            Nadège Koffi

 

 

Commentaires

Commentaires