Du 08 au 15 novembre 2026, Guangzhou et Changsha accueilleront la deuxième édition de l’Africa China Business Week (ACBW), placée sous le thème : « Industrialisation, investissement et innovation ». À quelques mois de ce rendez-vous consacré au renforcement des relations économiques et commerciales entre l’Afrique et la Chine, Afrique Économie s’est entretenu avec Francis DJA, Commissaire Général de l’Africa China Business Week. Dans cet entretien, il revient sur les enseignements et le bilan de la première édition, présente les principales articulations de cette deuxième édition et met en lumière les opportunités qu’elle entend offrir aux entreprises, investisseurs et différents acteurs du développement économique.
A.E : Quel bilan faites-vous de la première édition de l’Africa China Business Week ?
La première édition nous a permis de mesurer concrètement l’intérêt des entreprises africaines et chinoises pour des relations d’affaires plus structurées et plus diversifiées. Au-delà du nombre de participants, nous avons accordé beaucoup d’importance à la qualité des échanges, aux contacts établis et à l’intérêt manifesté autour de secteurs tels que l’industrie, les mines, les infrastructures, les technologies, l’agro-industrie ou encore les équipements. Cette première expérience nous a également permis de mieux appréhender la diversité des attentes des entreprises : recherche de partenaires, accès à de nouveaux marchés, solutions industrielles, technologies, distribution ou développement de projets. Ces enseignements ont naturellement nourri la préparation de cette deuxième édition, avec l’ambition d’élargir encore les possibilités de rencontres et de coopération entre les différents acteurs.

A.E : La première édition avait bénéficié d’un appui institutionnel du Consulat général de Côte d’Ivoire à Guangzhou. Quel regard portez-vous sur cette dimension institutionnelle, qui accompagne également cette deuxième édition ?
Nous sommes reconnaissants au Consulat général de Côte d’Ivoire à Guangzhou pour son appui institutionnel lors de la première édition et pour l’accompagnement institutionnel qu’il apporte également à cette deuxième édition. Dans une initiative qui met en relation des entreprises de deux environnements économiques différents, la présence et l’appui des institutions constituent un élément important. Ils contribuent à donner un cadre de confiance aux échanges et à renforcer la visibilité de la démarche auprès des différents interlocuteurs. Nous sommes donc heureux de pouvoir poursuivre cette dynamique avec le Consulat général de Côte d’Ivoire à Guangzhou. Pour nous, cette relation entre acteurs économiques et institutions participe pleinement au développement de relations d’affaires de qualité entre l’Afrique et la Chine.
A.E : Le commerce entre la Chine et l’Afrique a atteint environ 348 milliards de dollars en 2025. Que vous inspire cette évolution et quelles opportunités voyez-vous encore pour les entreprises ?
Ce niveau d’échanges témoigne de la profondeur des relations économiques entre la Chine et l’Afrique. Il traduit également l’importance des marchés et des complémentarités qui existent entre les deux espaces économiques. Au-delà de la progression des échanges commerciaux, il existe aujourd’hui de nombreuses possibilités autour de l’investissement, des partenariats industriels, de la technologie, de la transformation locale et du développement de chaînes de valeur. L’Afrique dispose de marchés en croissance, de ressources, de besoins importants en infrastructures et d’un potentiel industriel considérable. La Chine, de son côté, possède une expérience importante dans l’industrie, les technologies, les équipements et le développement des chaînes de production. L’enjeu est donc de favoriser davantage de rapprochements entre ces différents atouts et permettre aux entreprises d’identifier des domaines dans lesquels leurs intérêts peuvent converger.
A.E : La deuxième édition a pour thème « Industrialisation, Investissement et Innovation ». Pourquoi le choix de ce thème ?
Le choix de ce thème parce que ces trois dimensions sont étroitement liées dans le développement d’une économie comme dans celui d’une entreprise.
L’industrialisation concerne la capacité à produire, transformer et créer davantage de valeur localement.
L’investissement permet de développer les capacités de production, les équipements, les infrastructures et les entreprises.
L’innovation, enfin, contribue à améliorer la productivité, les procédés, les produits et l’accès aux nouvelles technologies.
Ces trois dimensions correspondent à des enjeux majeurs pour les entreprises africaines comme pour leurs partenaires internationaux. Les données récentes de la CNUCED montrent d’ailleurs que les investissements internationaux se concentrent de plus en plus sur des secteurs stratégiques liés notamment à l’énergie, aux infrastructures, aux technologies et à la production industrielle. L’Africa China Business Week s’inscrit dans cette réalité économique, avec la volonté de favoriser les échanges autour de ces différents domaines.
A.E : Quels profils d’acteurs souhaitez-vous réunir pour cette deuxième édition ?
Nous souhaitons réunir un écosystème large et complémentaire : entreprises privées et publiques, dirigeants d’entreprises, entrepreneurs, investisseurs, industriels, porteurs de projets, fabricants, distributeurs, acteurs technologiques, experts, institutions financières, chambres de commerce, organisations professionnelles et partenaires institutionnels.
Cette diversité est importante parce que les besoins des entreprises sont eux-mêmes différents. Certaines recherchent des partenaires industriels, d’autres des fournisseurs ou des fabricants, certaines souhaitent développer leur distribution, accéder à de nouvelles technologies, explorer de nouveaux marchés ou présenter des projets. L’intérêt d’un tel rendez-vous réside précisément dans la possibilité de réunir ces différentes composantes du monde économique dans un même environnement.
A.E : Pour un dirigeant qui envisage participer, quels types de débouchés peut-il venir explorer ?
Il peut venir avec une problématique précise ou avec un projet de développement. Les échanges peuvent porter sur la recherche d’un partenaire industriel, l’identification d’un fournisseur ou d’un fabricant, l’accès à une technologie, le développement d’un réseau de distribution, l’étude d’une implantation, la présentation d’un projet ou encore la recherche de solutions d’investissement et de financement. Les entreprises ont souvent des besoins qui ne sont pas uniquement commerciaux. Elles peuvent rechercher des compétences, des équipements, des technologies, des partenaires industriels ou des ressources financières pour accompagner leur développement. L’intérêt d’un rendez-vous comme l’Africa China Business Week est de permettre aux différents acteurs de confronter leurs besoins, leurs capacités et leurs projets, afin d’identifier des axes de coopération qui peuvent être approfondis.

A.E : Pourquoi avoir choisi Guangzhou et Changsha pour cette deuxième édition ?
Ces deux villes présentent des écosystèmes économiques complémentaires. Guangzhou occupe une place majeure dans le commerce international, l’industrie et les chaînes d’approvisionnement. Elle constitue également un environnement particulièrement intéressant pour les échanges avec les marchés africains. Changsha possède pour sa part un environnement industriel et technologique important, notamment dans les équipements, l’ingénierie, les infrastructures et les technologies. Le choix de ces deux villes répond donc à une volonté d’exposer les participants à deux environnements économiques complémentaires et de leur permettre d’élargir leurs contacts et leurs perspectives de développement.
A.E : L’Afrique a attiré environ 70 milliards de dollars d’investissements directs étrangers en 2025, selon la CNUCED. Dans ce contexte, quel message adressez-vous aux entreprises et investisseurs qui envisagent encore à participer à l’ACBW 2026 ?
Je leur dirais de venir avec une vision claire de leurs besoins, de leurs projets et de leurs ambitions de développement. L’Africa China Business Week n’a pas vocation à être simplement un rendez-vous de conférences. Elle constitue un espace consacré aux échanges entre acteurs économiques, à la compréhension des marchés et à l’exploration de possibilités de partenariat, d’investissement et de développement. Les chiffres de la CNUCED montrent que l’Afrique continue d’attirer des investissements importants, avec environ 70 milliards de dollars d’IDE en 2025. Mais ils montrent également que les investissements restent concentrés dans certains pays et certains secteurs. Il existe donc un véritable intérêt à multiplier les échanges entre entreprises, investisseurs, industriels et partenaires technologiques. La deuxième édition se tiendra du 08 au 15 novembre 2026 à Guangzhou et Changsha. Nous souhaitons offrir aux participants un cadre permettant de découvrir de nouveaux marchés, d’identifier des partenaires et d’explorer de nouvelles possibilités de développement. Notre ambition est simple : rapprocher des entreprises, des projets et des partenaires autour d’intérêts économiques communs et contribuer ainsi à faire émerger de nouvelles perspectives de croissance et de coopération.
Interview réalisée par Nadège Koffi
