De la défense des libertés à la médiation politique, l’avocat veut faire de ses récentes victoires un signal en faveur du dialogue, de la justice et de la réconciliation sur le continent.
En l’espace de quelques semaines, plusieurs dossiers suivis par Maître Saïd LARIFOU ont connu des évolutions majeures. Au Tchad, le Dr Succès Masra, ancien Premier ministre et dirigeant politique, a retrouvé sa liberté après avoir passé plus d’un an en prison.
En Guinée-Bissau, Fernando Dias da Costa s’était réfugié et était en exil à l’ambassade du Nigeria à Bissau. Dans le même pays, Domingos Simões Pereira, chef de l’opposition et président de l’Assemblée nationale, a été arrêté le 26 novembre 2025, placé en résidence surveillée en janvier 2026, puis de nouveau incarcéré le 10 juillet 2026, avant d’être libéré le 24 juillet dernier.
Pour Maître Saïd LARIFOU, ces situations dépassent le seul cadre judiciaire. Elles posent une question plus large : celle de la capacité des États africains à privilégier le dialogue et l’apaisement lorsque les crises politiques atteignent un point de tension extrême.
Cette réflexion est développée dans un communiqué de presse transmis le samedi 15 août 2026 à Afrique Économie par Maître Saïd LARIFOU, dans lequel l’avocat revient sur les récentes évolutions de ces dossiers et livre sa lecture des enjeux liés aux libertés, à la justice et à l’apaisement politique en Afrique.
La libération de Succès Masra constitue à ses yeux une occasion de croire à nouveau au dialogue. L’avocat refuse toutefois d’y voir la victoire d’un camp sur un autre. « Je préfère y voir une victoire de l’apaisement et une occasion qui nous est donnée de reconstruire la confiance », explique-t-il.
Cette position résume l’esprit de sa réflexion : la liberté retrouvée d’un responsable politique ne doit pas être considérée comme l’aboutissement d’un combat partisan, mais comme une possibilité d’ouvrir un nouvel espace de dialogue.
Pour Maître Saïd LARIFOU, les crises politiques africaines ne peuvent être durablement réglées par la seule confrontation. Lorsque le désaccord politique se transforme en procédures judiciaires, en privations de liberté ou en ruptures institutionnelles, c’est l’ensemble de la société qui finit par en payer le prix.
« Il ne faut jamais renoncer au dialogue, même lorsque tout semble bloqué », insiste-t-il. Une conviction qui l’amène aujourd’hui à vouloir poursuivre son engagement « autrement ».
La défense des libertés, de l’État de droit et d’une justice véritablement indépendante demeure au cœur de son action. Mais l’avocat entend désormais accorder une place encore plus importante à la médiation, au dialogue et à la prévention des crises politiques.
L’objectif est clair : intervenir avant que les désaccords ne deviennent irréversibles.
« Nous devons apprendre à intervenir avant que les désaccords politiques ne conduisent à la prison, à la violence ou à la rupture institutionnelle », souligne-t-il.
Cette approche traduit une évolution de son engagement. Défendre les personnes privées de liberté reste une priorité, mais il s’agit également de travailler en amont afin de créer des espaces permettant aux acteurs politiques de se parler avant que le rapport de force ne dégénère.
Car pour l’avocat, la démocratie ne peut se limiter à l’organisation d’élections. Elle suppose aussi la capacité d’un pouvoir à accepter la contradiction, de l’opposition à exercer son rôle sans considérer tout geste d’apaisement comme une capitulation, et de la justice à demeurer indépendante des affrontements politiques.
Dans cette perspective, la situation de plusieurs responsables politiques africains continue de susciter des interrogations. Aux Comores, en Ouganda, en Tanzanie ou encore en Tunisie, les tensions politiques et les procédures visant certains opposants illustrent, selon lui, la nécessité de renforcer les mécanismes africains de dialogue et de médiation.
L’enjeu ne serait donc plus seulement de gérer les crises lorsqu’elles éclatent, mais de développer une véritable culture de la prévention.
L’Afrique dispose, estime Maître Saïd LARIFOU, de ressources propres pour y parvenir : ses traditions de médiation, de palabre, de réparation, de pardon et de réconciliation. Ces pratiques pourraient davantage être mobilisées dans les mécanismes contemporains de gouvernance et de règlement des crises.
Au-delà des cas individuels, c’est donc une nouvelle culture politique qu’il appelle de ses vœux. Une culture dans laquelle la libération d’un adversaire ne serait pas perçue comme une faiblesse, le dialogue comme une capitulation ou la réconciliation comme un renoncement à la justice.
« Aucune crise politique n’est définitivement condamnée à l’affrontement », affirme-t-il.
Cette conviction donne également un sens particulier aux récentes évolutions des dossiers qu’il a accompagnés. Pour l’avocat, elles doivent être accueillies avec « soulagement, espérance et surtout humilité », en pensant d’abord aux personnes concernées, à leurs familles et à tous ceux qui ont traversé ces épreuves à leurs côtés.
La liberté retrouvée d’un homme ne suffit pas à effacer les blessures d’une nation. Elle peut cependant créer une brèche dans laquelle peut entrer l’espérance. Encore faut-il que cette opportunité soit saisie pour reconstruire la confiance et favoriser la réconciliation.
C’est pourquoi Maître Saïd LARIFOU veut désormais porter un message qui dépasse les frontières nationales. « Que l’espérance voyage », écrit-il, souhaitant qu’après N’Djamena, d’autres portes puissent s’ouvrir sur le continent : à Moroni, à Kampala, à Dar es-Salaam et à Tunis.
À travers ces quatre capitales, respectivement aux Comores, en Ouganda, en Tanzanie et en Tunisie, l’avocat élargit son appel à l’apaisement à d’autres situations de tensions politiques et judiciaires qui continuent de questionner l’avenir démocratique du continent.
Son ambition est celle d’une Afrique où la justice protège autant qu’elle sanctionne, où les libertés publiques sont garanties et où le dialogue demeure possible, y compris dans les périodes de fortes tensions.
Pour Maître Saïd LARIFOU, certains moments de l’Histoire exigent des dirigeants davantage que l’exercice du pouvoir. Ils exigent « de la grandeur » : la grandeur de libérer lorsque l’intérêt supérieur de la nation le commande, de dialoguer lorsqu’un pays se fracture et de préférer la réconciliation à la vengeance.
« La liberté d’un homme est essentielle, mais la réconciliation d’une nation est un combat encore plus grand », résume-t-il.
Une conviction qui donne à son engagement une portée qui dépasse désormais les seuls dossiers judiciaires : faire de la défense des libertés un levier de dialogue, de paix et de réconciliation politique en Afrique.
« La grâce peut libérer un homme, le dialogue peut réconcilier une Nation ».
extrait du Communiqué de presse de Maître Saïd LARIFOU, Avocat
Président de l’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance (IDIA-BG)
