La sécurisation des investissements passe aussi par une justice commerciale rapide, impartiale et efficace. C’est le message porté par le président de la Cour d’arbitrage de Côte d’Ivoire (CACI), Yacouba TALL, à l’occasion du Forum de la presse économique et internationale de l’Afrique de l’Ouest, organisé du 24 au 27 juin 2026 à Dakar par la Plateforme Médias UEMOA.
En marge de cette rencontre qui a réuni plus de 200 journalistes issus des huit États membres de l’UEMOA, le président de la CACI a multiplié les échanges avec les professionnels des médias afin de promouvoir les Modes Alternatifs de Règlement des Litiges (MARL), qu’il considère comme un levier essentiel pour renforcer la confiance des investisseurs et améliorer le climat des affaires dans la sous-région.
Une justice commerciale au service des investisseurs
Face aux journalistes, Yacouba TALL a rappelé que la Cour d’arbitrage de Côte d’Ivoire, créée par l’État ivoirien, est une institution spécialisée dans le règlement des différends commerciaux. Loin de se substituer aux juridictions étatiques, elle constitue une alternative reconnue, offrant des procédures plus rapides, confidentielles et adaptées aux exigences du monde des affaires.
« Quand on met son argent quelque part, on a besoin de sécurité. Et cette sécurité, c’est ce que la Cour d’arbitrage apporte à travers ses procédés », a déclaré le président de la CACI.
Il a tenu à préciser que les sentences arbitrales rendues par la Cour possèdent la même force exécutoire que les décisions des tribunaux de l’État, ce qui en fait un instrument juridique fiable pour les investisseurs nationaux et internationaux.
« Les décisions de la Cour d’arbitrage ont exactement la même valeur juridique que celles rendues par les juridictions étatiques. Elles participent pleinement à l’amélioration du climat des affaires dans l’espace communautaire », a-t-il souligné.
Faire connaître davantage l’arbitrage en Afrique de l’Ouest
Si les avantages de l’arbitrage sont largement reconnus dans les grandes économies mondiales, leur appropriation demeure encore limitée en Afrique.
Yacouba TALL estime que les centres d’arbitrage africains souffrent principalement d’un déficit de visibilité auprès des entreprises.
Pour illustrer son propos, il a cité plusieurs places économiques internationales.
« À Singapour, Shanghai ou Pékin, les opérateurs économiques sollicitent massivement les centres d’arbitrage, souvent davantage que les tribunaux classiques », a expliqué le président de la CACI.
Selon lui, la Côte d’Ivoire dispose aujourd’hui de nombreux atouts pour devenir un pôle régional de référence en matière d’arbitrage commercial.
« Notre rôle est de faire connaître au maximum la Cour d’arbitrage de Côte d’Ivoire et d’Afrique aux opérateurs économiques. Cette institution est faite pour eux », a-t-il insisté.
Un appel à la confiance des entreprises de l’UEMOA
Conscient des préoccupations exprimées par de nombreux chefs d’entreprise concernant la durée des procédures judiciaires classiques, le président de la CACI a lancé un appel aux opérateurs économiques de l’espace communautaire.
« Je demande aux opérateurs économiques de faire confiance aux centres d’arbitrage de l’espace UEMOA parce que la justice y est rendue. Elle est juste et il n’y a pas de corruption. Les entreprises ont tout intérêt à venir vers nous », a affirmé Yacouba TALL.
Il a également expliqué le fonctionnement du tribunal arbitral, fondé sur le principe du consentement des parties.
Chaque partie désigne son propre arbitre. Les deux arbitres choisissent ensuite un troisième membre qui assure la présidence du tribunal arbitral. L’ensemble de la procédure est encadré par un comité technique chargé de veiller au respect des règles, à l’intégrité des procédures et à la qualité des décisions rendues.
Un enjeu stratégique pour l’intégration économique
À travers cette campagne de sensibilisation menée à Dakar, le président de la Cour d’arbitrage de Côte d’Ivoire entend contribuer à une meilleure appropriation des mécanismes d’arbitrage par les entreprises de l’UEMOA.
Dans un contexte marqué par l’accélération des investissements privés et le renforcement de l’intégration économique régionale, le développement des modes alternatifs de règlement des litiges apparaît comme un facteur de compétitivité et de sécurisation des affaires.
En invitant les opérateurs économiques à recourir davantage à l’arbitrage, Yacouba TALL plaide ainsi pour une justice commerciale moderne, efficace et crédible, capable d’accompagner les ambitions économiques de l’Afrique de l’Ouest.
Par Nadège Koffi
