Au lendemain de la signature de cinq accords de financement majeurs entre le Gouvernement ivoirien et le Groupe de la Banque mondiale, le Vice-Président régional de l’institution pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane DIAGANA, a entamé, ce jeudi 09 juillet 2026, une tournée de terrain de trois jours destinée à évaluer les retombées concrètes des projets financés à travers le pays.
D’Azaguié à Yamoussoukro, cette première journée de mission a mis en lumière une même ambition : transformer les engagements financiers en résultats tangibles pour les populations, en misant sur une agriculture moderne, un accès renforcé à l’énergie et une jeunesse mieux préparée aux exigences du marché de l’emploi.
Cette visite intervient dans le prolongement de la participation de la Banque mondiale au Groupe consultatif consacré au financement du Plan national de développement (PND) 2026-2030, au cours duquel l’institution a réaffirmé son engagement à accompagner la Côte d’Ivoire à hauteur de 17 milliards de dollars sur les cinq prochaines années.
Une agriculture modernisée grâce au PDC2V
La première étape de la tournée a conduit la délégation à Azaguié, sur le site de l’entreprise Terra Consulting, spécialisée dans la production maraîchère intensive. Cette exploitation illustre les effets du Projet de Développement de la Chaîne de Valeur du Vivrier (PDC2V), financé par la Banque mondiale à hauteur de 250 millions de dollars.
Ingénieur agronome de formation, son promoteur, Bakary Coulibaly, a longtemps peiné à accéder aux financements bancaires nécessaires au développement de son activité. L’appui du PDC2V, d’un montant de 246,5 millions de FCFA, a changé la trajectoire de son entreprise.
Grâce à ce financement, Terra Consulting est passée de quatre serres en bambou à vingt serres modernes en fer galvanisé, a investi dans un système d’irrigation goutte-à-goutte, l’énergie solaire, des infrastructures de stockage et des équipements techniques adaptés à une agriculture intensive.
Les résultats sont significatifs. L’effectif est passé de cinq à vingt-cinq employés, dont seize permanents. L’entreprise fournit désormais les supermarchés PROSUMA en légumes frais, après avoir participé au SARA 2025. Son portefeuille de grands clients est passé de quatre à douze, tandis que son chiffre d’affaires a atteint 30 millions de FCFA au premier semestre 2026, contre 16,2 millions de FCFA sur l’ensemble de l’année 2025.

Au-delà de cette réussite entrepreneuriale, cette visite illustre la volonté de la Banque mondiale de soutenir une agriculture plus productive, plus résiliente et créatrice d’emplois.
Un réseau électrique plus performant pour accompagner la croissance
La délégation s’est ensuite rendue au Centre national de dispatching électrique de Yamoussoukro, infrastructure stratégique au cœur du Projet de Numérisation et d’Accès à l’Électricité (NEDA), financé à hauteur de 300 millions de dollars.
Cette étape, à laquelle participait notamment Jean-Christian TURKSON, Directeur Général de la Compagnie Ivoirienne d’Électricité (CIE), a permis de mesurer les investissements consentis pour renforcer la fiabilité du système électrique national, améliorer la résilience du réseau et accélérer l’objectif d’accès universel à l’électricité à l’horizon 2030.
Le projet prévoit notamment le raccordement de 321.000 ménages, le déploiement de 1.500 kilomètres de réseau électrique résilient ainsi que le renforcement de la cybersécurité des infrastructures énergétiques.
À cette occasion, Ousmane DIAGANA a rappelé le sens de cette tournée de terrain.
« Il fallait être sur le terrain afin de sentir et toucher ce qui a été investi ».
Une déclaration qui traduit la volonté de la Banque mondiale d’évaluer concrètement l’impact de ses financements au-delà des indicateurs financiers.

Le capital humain, priorité du partenariat
La dernière étape de cette première journée s’est déroulée au sein de l’incubateur du Projet Emploi Jeunes et Développement des Compétences (PEJEDEC 3), où plusieurs jeunes entrepreneurs accompagnés par le programme ont présenté leurs initiatives.
Parmi eux figurait un entrepreneur ivoirien de 39 ans spécialisé dans la transformation du riz paddy en riz blanchi, ainsi qu’Ophélia KOFFI, entrepreneure engagée dans la valorisation des champignons pleurotes et du ganoderma. Son activité combine la production de pleurotes séchés et le développement d’infusions associant le ganoderma à des plantes locales telles que le thé de savane, la citronnelle, la menthe, le gingembre, le curcuma et la cannelle, illustrant le potentiel d’innovation de la transformation agroalimentaire ivoirienne.
Ces parcours illustrent l’ambition du PEJEDEC : accompagner les jeunes dans la création d’entreprises viables, renforcer leurs compétences et favoriser une insertion durable dans le tissu économique.

Accueillant la délégation, le Gouverneur du District autonome de Yamoussoukro, Augustin THIAM, a salué les résultats de cette initiative, rappelant que la phase pilote du sous-projet avait été conduite dans le district avant son extension à l’échelle nationale. Il a également plaidé pour un renforcement du partenariat avec la Banque mondiale afin de multiplier les opportunités offertes à une jeunesse confrontée aux défis de l’emploi.
De son côté, Ousmane DIAGANA s’est félicité des résultats observés tout en rappelant que les efforts devaient se poursuivre.
Selon lui, « il y a encore du chemin à parcourir ». Il a insisté sur la nécessité de développer des compétences adaptées aux besoins du marché du travail, réaffirmant que l’employabilité des jeunes constitue l’une des priorités majeures de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire.
Des investissements au service d’une croissance plus inclusive
Au fil des différentes étapes de cette tournée, un constat s’impose : les investissements soutenus par la Banque mondiale ne se limitent pas à la réalisation d’infrastructures. Ils visent à renforcer durablement les capacités productives du pays, à améliorer la compétitivité des entreprises, à sécuriser l’accès à des services essentiels comme l’électricité et à investir dans le capital humain.
Cette approche intégrée traduit la volonté du Gouvernement ivoirien et de la Banque mondiale de faire des financements récemment conclus un levier de transformation économique et sociale, en veillant à ce que leurs effets soient perceptibles jusque dans les territoires et au bénéfice direct des populations.
Nadège Koffi
