Banque mondiale-Côte d’Ivoire : 875 millions de dollars pour accélérer les réformes économiques et préparer l’avenir énergétique
La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans son partenariat stratégique avec le Groupe de la Banque mondiale.
Quelques semaines après l’annonce d’un engagement global de plus de 17 milliards de dollars en faveur du pays lors du Groupe consultatif, l’institution financière internationale et le gouvernement ivoirien ont procédé, mercredi 08 juillet à la salle Balafon du Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan (Côte d’Ivoire), à la signature de cinq accords de financement d’un montant total de 875 millions de dollars américains, soit environ 525 milliards de FCFA.
La cérémonie a également été marquée par la signature d’un mémorandum d’intention tripartite avec Eni Côte d’Ivoire Limited pour accompagner l’élaboration du futur Plan directeur gazier du pays.
Au-delà de l’importance des montants mobilisés, cette double signature traduit la volonté commune des autorités ivoiriennes et de la Banque mondiale d’accélérer les réformes structurelles, de renforcer la compétitivité de l’économie nationale et de préparer les infrastructures énergétiques indispensables à la transformation industrielle du pays.
Des financements orientés vers les priorités économiques
Les cinq accords signés ciblent des secteurs considérés comme déterminants pour la croissance et la résilience de l’économie ivoirienne.
L’enveloppe la plus importante, 400 millions de dollars, est destinée à la première opération d’appui aux politiques de développement, qui vise à stimuler l’investissement privé et à favoriser la création d’emplois productifs.
Un financement de 220 millions de dollars est consacré au projet Compétences pour l’Innovation, la Résilience et les Aspirations (CIV-SIRA), destiné à améliorer l’employabilité des jeunes et à renforcer l’adéquation entre les compétences disponibles et les besoins du marché de l’emploi.
Les autres ressources financeront le développement communautaire dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, la modernisation de la gestion des ressources publiques ainsi que le projet PRIME-GAS, dédié à l’intégration régionale des marchés de l’électricité grâce au développement des infrastructures gazières.
À travers ces investissements, la Banque mondiale entend accompagner les réformes engagées par le gouvernement tout en soutenant le développement du capital humain, la gouvernance publique, l’investissement privé et l’intégration économique régionale.

Le gaz, un levier stratégique pour la transformation économique
Au-delà des accords financiers, la cérémonie a été marquée par la signature d’un mémorandum d’intention entre le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, le Groupe de la Banque mondiale et Eni Côte d’Ivoire Limited.
Ce partenariat technique porte sur la réalisation d’études destinées à élaborer le futur Plan directeur gazier de la Côte d’Ivoire. Il permettra notamment d’évaluer les besoins en infrastructures de transport, de stockage et de distribution du gaz afin de structurer un marché gazier performant, capable d’accompagner l’industrialisation du pays et de renforcer son positionnement comme hub énergétique en Afrique de l’Ouest.
Le mémorandum concerne exclusivement les infrastructures dites midstream et downstream et n’inclut pas les activités d’exploration ou de production.
Le gouvernement veut capitaliser sur les découvertes gazières
Pour le gouvernement ivoirien, ce partenariat constitue une étape majeure dans la mise en valeur du potentiel gazier national.
Le Ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou SANGAFOWA-COULIBALY, a souligné que « le gaz naturel occupe une place centrale dans l’économie ivoirienne ».
Selon lui, « cette signature constitue une étape importante dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement du secteur gazier, sur la base des importantes découvertes gazières réalisées ces dernières années ».
À travers cette démarche, les autorités entendent mieux valoriser les ressources nationales afin de soutenir la production d’électricité, renforcer la compétitivité de l’industrie ivoirienne et répondre à une demande énergétique en constante progression.
La Banque mondiale confirme son engagement
Pour le Vice-Président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, Ousmane DIAGANA, ces nouveaux engagements dépassent largement le cadre d’un simple appui financier.
« La Côte d’Ivoire démontre une fois de plus son rôle de locomotive économique en Afrique de l’Ouest. Cette enveloppe exceptionnelle de 875 millions de dollars va bien au-delà d’un simple engagement financier ; c’est un investissement massif dans la jeunesse ivoirienne, la création d’emplois productifs et la résilience des communautés locales », a-t-il déclaré.
Il a également insisté sur le rôle déterminant de l’énergie dans la transformation économique.
« L’énergie reste la colonne vertébrale de toute transformation structurelle. Notre appui technique pour le futur Plan directeur gazier vise à doter le pays d’une feuille de route rigoureuse pour développer les infrastructures de transport et de distribution nécessaires. C’est ainsi que la Côte d’Ivoire pourra soutenir son industrialisation, garantir un accès universel à l’électricité et créer les conditions nécessaires à l’emploi », a-t-il ajouté.
De son côté, Marie-Chantal UWANYLIGIRA a réaffirmé l’engagement du Groupe de la Banque mondiale à accompagner durablement le gouvernement ivoirien dans la réalisation de projets structurants, soulignant que ce partenariat s’inscrit dans une vision de long terme en faveur du développement économique et social du pays.

Eni apporte son expertise au futur Plan directeur gazier
Pour Luca FACCENDA, cette collaboration ouvre une nouvelle phase de coopération entre les différents partenaires.
Le responsable d’Eni Côte d’Ivoire Limited a remercié le Groupe de la Banque mondiale pour la confiance accordée à son entreprise et s’est réjoui de pouvoir mettre son expertise technique au service de l’élaboration du futur Plan directeur gazier.
En associant financements, réformes économiques et planification énergétique, cette double cérémonie illustre la volonté de la Côte d’Ivoire de consolider les fondements de sa croissance.
Pour le Groupe de la Banque mondiale, ces nouveaux engagements traduisent une confiance renouvelée dans les perspectives économiques du pays, tandis que pour les autorités ivoiriennes, ils constituent un levier supplémentaire pour accélérer l’industrialisation, renforcer le capital humain et conforter le rôle de la Côte d’Ivoire comme moteur économique de l’Afrique de l’Ouest.
Nadège Koffi

Laisser un commentaire