Latékoé DICK, initiateur du Festival ERITAJ : « Pour les prochaines éditions, les ambitions sont claires : renforcer la dimension internationale du festival, diversifier et consolider les partenariats, améliorer l’expérience du public et positionner durablement le Festival Eritaj comme un rendez-vous culturel incontournable au Togo »

Latékoé DICK, initiateur du Festival ERITAJ : « Pour les prochaines éditions, les ambitions sont claires : renforcer la dimension internationale du festival, diversifier et consolider les partenariats, améliorer l’expérience du public et positionner durablement le Festival Eritaj comme un rendez-vous culturel incontournable au Togo »

Placée sous le thème « PATRIMOINE ET CULTURE, L’ADN D’UN MARKETING TERRITORIAL ET AMBITIEUX », la 1ère édition du Festival ERITAJ tenue du 31 mars au 05 avril 2026 au Centre Togolais des Expositions et Foire (CETEF), est l’initiative du togolais, Latékoé JC DICK. Amoureux de sa culture, l’initiateur s’est engagé à repositionner la culture togolaise comme un levier stratégique de développement et d’attractivité des territoires.

Dans une interview qu’il nous a accordé au terme de son projet, Latékoé DICK, nous présente le Festival ERITAJ et ses aspirations pour les prochaines éditions.

A.E : Quels étaient les objectifs majeurs de cette édition et dans quelle mesure ont-ils été atteints ?

Les objectifs principaux de cette édition étaient de valoriser les expressions artistiques locales, de renforcer la visibilité des artistes émergents, de créer un cadre de rencontre entre professionnels de la culture et publics, et de contribuer à la dynamisation culturelle du territoire. Une attention particulière a été portée à l’inclusion des apprenants du primaire ainsi que des initiés du vodou, en les plaçant au cœur de la programmation artistique. Dans l’ensemble, ces objectifs ont été largement atteints. La programmation a su mettre en lumière une diversité d’expressions artistiques et a favorisé des échanges riches entre les différents acteurs du secteur culturel.

A.E : Quel bilan global faites-vous de l’organisation du festival, de la préparation à la tenue effective de l’évènement ?

De la phase de préparation à la tenue effective, l’organisation du festival s’est déroulée dans des conditions globalement satisfaisantes. Une planification rigoureuse, associée à l’engagement des équipes techniques et artistiques, a permis d’offrir un événement structuré et de qualité. Néanmoins, certains ajustements logistiques restent nécessaires, notamment en matière de coordination opérationnelle, en grande partie affectée par la contrainte budgétaire.

A.E : Comment évaluez-vous la particularité du public, des artistes et des partenaires cette année ?

La participation a été satisfaisante du côté des artistes et des groupes programmés, qui ont répondu présents avec des prestations de qualité. En revanche, la mobilisation du public est restée relativement faible, ce qui interpelle sur la nécessité de renforcer l’intérêt collectif pour notre patrimoine culturel. Quant aux partenaires, leur engagement a été en deçà des attentes. Toutefois, nous saluons et remercions l’appui du Ministère en charge de la culture du Togo, ainsi que les quelques soutiens institutionnels et privés qui ont accompagné cette édition.

 

A.E : Quels ont été les moments forts ou les temps marquants de cette édition ?

Parmi les moments marquants, on retient notamment : les prestations artistiques des apprenants de trois écoles de la Commune du Golfe 6 ; l’animation portée par la Fédération Nationale des Cultes Vodou et Traditions du Togo ; les échanges interactifs à l’Institut Français du Togo entre l’artiste Richard Flash et le public. Ces séquences ont particulièrement marqué les esprits par leur originalité, leur authenticité et leur forte charge émotionnelle.

A.E : Quel impact le festival a-t-il eu sur la scène culturelle et artistique au Togo ?

Le festival a contribué à renforcer la visibilité de la scène artistique togolaise et à stimuler la créativité locale. Il a également servi de plateforme d’expression pour les jeunes talents et favorisé la mise en réseau des acteurs culturels. Dans une logique de structuration du secteur, cette édition a également été marquée par le lancement de la campagne de collecte d’informations en vue de l’élaboration du Guide-répertoire des arts et de la culture du Togo.

A.E : Au-delà de l’aspect culturel, quelles retombées économiques concrètes le festival a-t-il générées (emplois, tourisme, activités locales, panafricains, etc) ?

Au-delà de sa dimension culturelle, le festival a généré des retombées économiques appréciables, notamment à travers : la création d’emplois temporaires ; la dynamisation des activités des prestataires locaux (restauration, transport, etc) ; le renforcement de collaborations avec certains acteurs économiques.

A.E : Quelle stratégie de communication avez-vous adoptée et quels enseignements en tirez-vous en termes de visibilité et d’attractivité ?

La stratégie de communication a combiné médias traditionnels (radio, affichage) et plateformes numériques (réseaux sociaux), permettant d’atteindre une audience diversifiée et d’améliorer la visibilité de l’événement. Toutefois, des améliorations sont à envisager, notamment en renforçant la communication digitale en amont, en développant une stratégie de contenu plus engageante et en consolidant les partenariats avec les médias.

A.E : Quels défis majeurs avez-vous rencontrées et quelles sont vos ambitions pour les prochaines éditions ?

Les principaux défis rencontrés concernent les contraintes budgétaires, la faible mobilisation de certains partenaires et les limites logistiques. Pour les prochaines éditions, les ambitions sont claires : renforcer la dimension internationale du festival, diversifier et consolider les partenariats, améliorer l’expérience du public et positionner durablement le Festival Eritaj comme un rendez-vous culturel incontournable au Togo.

Interview réalisée par Nadège Koffi

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