Dédicace d’« Eboro » de Nuits Balnéaires : Une œuvre entre mémoire, spiritualité et transmission
La Fondation Donwahi, située aux Deux-Plateaux (Abidjan-Côte d’Ivoire), a servi de cadre, le jeudi 09 avril 2026, à la présentation et dédicace d’Eboro, dernière œuvre du photographe ivoirien Nuits Balnéaires.
Un rendez-vous artistique marqué par une forte charge symbolique, où se sont entremêlés identité, héritage et spiritualité.
Dans une atmosphère empreinte de profondeur et d’introspection, le public, venu nombreux, a découvert une œuvre qui s’inscrit dans la continuité du travail singulier de l’artiste.
À travers « Eboro », Nuits Balnéaires propose une immersion dans un univers où se croisent souvenirs d’enfance, questionnements existentiels et héritages invisibles.

Une œuvre au carrefour de l’art et de la mémoire
Conçu dans le cadre du Programme international Latitudes, initié par la Fondation d’entreprise Hermès, en partenariat avec la Fondation Henri Cartier-Bresson et l’International Center of Photography (ICP), « Eboro » s’inscrit dans une dynamique globale de promotion de la photographie contemporaine.
Coédité par Atelier EXB et la Fondation d’entreprise Hermès, l’ouvrage dépasse le simple cadre esthétique. À travers ses 75 photographies, il explore des thématiques profondes telles que la transmission transgénérationnelle et l’influence des ascendances sur les trajectoires humaines.
L’artiste y convoque notamment ses souvenirs du Golfe de Guinée, sa vie à Grand-Bassam, ainsi que des fragments d’expériences vécues à Dakar, dans une démarche où la nostalgie devient un moteur de création.
Un hommage puissant à Noël X. Ebony
Au-delà de l’image, « Eboro » est également un acte de mémoire. L’œuvre rend un hommage appuyé à Noël X. Ebony (oncle de l’auteur), figure majeure de la littérature ivoirienne, disparu il y a quarante ans.
Journaliste, poète, romancier, dramaturge et critique d’art, Noël X. Ebony continue d’inspirer à travers ses écrits. L’un de ses poèmes, extrait de Quelque part, est d’ailleurs intégré dans « Eboro », établissant un pont poignant entre les générations.
À travers ce texte, l’artiste explore la corrélation entre la vie et l’au-delà, suggérant que l’existence humaine se prolonge dans une dimension spirituelle où l’âme retourne à ses origines pour rendre compte de son passage sur terre. Entre visible et invisible : une esthétique du passage.
Avec une palette dominée par le rouge, le noir et l’or, « Eboro » construit un dialogue visuel entre vie et mort, présence et absence. L’œuvre se présente comme un véritable « portail », invitant à franchir la frontière ténue entre le monde tangible et l’invisible. Elle interroge la mémoire, ses silences et ses failles, tout en redonnant une voix à ce qui a été enfoui ou oublié.
Une œuvre accessible, entre diffusion internationale et ancrage local
Proposé au prix de 45 euros (environ 30 000 FCFA), « Eboro » est disponible à la Fondation Donwahi, sur le site d’Atelier EXB, ainsi qu’au sein de l’International Center of Photography et de la Fondation Henri Cartier-Bresson.
Cette double présence, locale et internationale, illustre le positionnement croissant des artistes africains sur la scène mondiale, tout en contribuant à la valorisation des industries culturelles et créatives en Côte d’Ivoire.

Une reconnaissance internationale
Lauréat de la deuxième édition du Programme Latitudes, Nuits Balnéaires bénéficie d’un accompagnement de haut niveau, sous le parrainage de David Campany, figure reconnue de la photographie contemporaine et directeur artistique de l’ICP.
Une distinction qui confirme la montée en puissance de la photographie africaine sur la scène internationale, portée par des artistes engagés dans des démarches à la fois esthétiques et introspectives.
Nadège Koffi

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