Crise internationale : Me Saïd LARIFOU appelle l’Union africaine à une position commune face aux grandes puissances

Crise internationale : Me Saïd LARIFOU appelle l’Union africaine à une position commune face aux grandes puissances

Face aux tensions géopolitiques croissantes entre les grandes puissances mondiales, l’avocat et acteur politique comorien Saïd LARIFOU appelle les États africains à adopter une position commune afin de défendre les intérêts du continent.

Dans un communiqué de presse transmis le mardi 03 mars 2026 à la rédaction d’Afrique Économie, il estime que les événements récents sur la scène internationale traduisent une profonde crise de l’ordre juridique mondial et appellent à une réaction forte de l’Afrique.

Une crise révélatrice des limites du droit international

Selon Me Saïd LARIFOU, l’actualité internationale récente, notamment l’arrestation du président vénézuélien Nicolás MADURO par les États-Unis et l’intervention militaire d’une coalition en Iran le 28 février 2026, constitue bien plus qu’un simple épisode de tension diplomatique.

Pour lui, ces événements illustrent l’incapacité du système international actuel à réguler les conflits et à maintenir l’équilibre entre les nations.

« Devant l’usage unilatéral répété de la force par un membre permanent du Conseil de sécurité, le droit international classique révèle une impuissance structurelle », affirme-t-il.

L’Afrique face à un système mondial qu’il juge dépassé

Dans son analyse, notre avocat et acteur politique comorien considère que l’ordre international actuel est hérité d’un monde qui n’existe plus, et qu’il continue de maintenir l’Afrique dans une position de fragilité.

Il dénonce notamment un système qui, selon lui, tolère la corruption, les détournements de fonds publics ou encore certaines dérives autoritaires dans plusieurs pays du continent.

Cette situation, estime-t-il, contribue à maintenir l’Afrique dans une pauvreté structurelle, alors même que ses ressources naturelles sont au cœur des rivalités économiques et géopolitiques mondiales.

Les conséquences pour l’Afrique et sa diaspora

Au-delà des enjeux politiques, Me Saïd LARIFOU met également en avant les conséquences humaines des conflits internationaux.

Selon lui, les crises et les guerres alimentent des migrations massives qui touchent en premier lieu les populations africaines et leur diaspora.

Il évoque notamment la situation de plus de 200 millions de personnes issues de la diaspora noire à travers le monde, confrontées selon lui à des conditions de précarité et à des déséquilibres économiques persistants.

Un appel à une réaction de l’Union africaine

Face à l’escalade actuelle entre Iran, États-Unis et Israël, l’avocat appelle l’Union africaine à convoquer rapidement une réunion des chefs d’État africains.

L’objectif serait de définir une position commune du continent face aux évolutions géopolitiques internationales.

Selon lui, l’anticipation géopolitique est devenue une nécessité afin d’éviter que certaines régions africaines ne soient entraînées dans les conséquences de conflits extérieurs, notamment dans des zones stratégiques comme l’océan Indien ou le canal du Mozambique.

Vers une refondation des relations internationales

Depuis Chicago, où il se trouve actuellement pour les funérailles du leader afro-américain Jesse Jackson, Me Saïd LARIFOU indique avoir échangé avec plusieurs membres de la communauté afro-américaine sur l’avenir des relations entre l’Afrique et sa diaspora.

Ces discussions s’inscrivent, selon lui, dans la vision d’un Pacte transatlantique Horizon 2050, visant à renforcer les liens économiques, juridiques et stratégiques entre l’Afrique et les populations afro-descendantes à travers le monde.

Vers un droit international africain

Dans cette perspective, l’avocat plaide également pour l’émergence d’un droit international africain capable de mieux protéger les intérêts du continent.

Une réflexion qui devrait être au cœur de la Conférence de Dakar prévue du 25 au 27 novembre 2026, consacrée à l’émergence de nouvelles normes juridiques africaines dans les relations internationales.

Pour lui, l’Afrique ne doit plus attendre une reconnaissance extérieure mais plutôt construire ses propres mécanismes de gouvernance et de sécurité juridique.

« L’Afrique ne quémande plus une place à la table ; elle construit une nouvelle table », conclut-il.

                                                                            Nadège Koffi

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