Journaliste, Communicant, Auteur, Directeur de publication du média Notre Voix (www.notrevoix.info) et Président de l’organisation du même nom, Léonce HOUNGBADJI est aujourd’hui reconnu pour son engagement dans la vie démocratique, sa plume incisive et sa passion pour la transmission. Depuis 2023, Léonce HOUNGBADJI a décidé d’initier ce grand évènement, la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS). Pour lui, l’Afrique n’est pas un continent de problèmes, mais un continent de solutions. La SAS est donc une Plateforme panafricaine et internationale dédiée à la valorisation des initiatives concrètes qui transforment positivement le continent et sa diaspora.
La 3ème édition qui a eu lieu du 24 au 25 octobre 2025 à la Mairie du 16ᵉ arrondissement de Paris (France) a permis de confirmer que la SAS s’impose désormais comme le rendez-vous annuel incontournable de l’Afrique qui innove et agit.
Dans cette interview accordé au média en ligne www.afriqueeconomie.net , l’initiateur de la SAS nous raconte comment lui ai venu ce Projet ; nous fait le bilan de cette 3ème édition et nous dévoile les ambitions pour les prochaines années.
A.E : Pouvez-vous vous présenter brièvement et nous raconter ce qui vous a inspiré à créer la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) ?
Je suis Léonce HOUNGBADJI, Journaliste, Communicant, Auteur, Directeur de publication du média Notre Voix (www.notrevoix.info) et Président de l’organisation du même nom, basée à Paris. Mon parcours professionnel et mon engagement personnel m’ont toujours conduit à une conviction profonde : l’Afrique n’est pas un continent de problèmes, mais un continent de solutions. En observant la manière dont l’Afrique est souvent présentée dans les médias, à travers le prisme des crises, des drames et de la pauvreté, j’ai ressenti le besoin urgent de changer le narratif, de redonner à notre continent sa juste image : celle d’une terre d’intelligence, d’innovation et d’espoir. C’est ainsi qu’est née la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), une Plateforme panafricaine et internationale dédiée à la valorisation des initiatives concrètes qui transforment positivement le continent et sa diaspora. La SAS, c’est avant tout un mouvement de fierté et d’action. Elle célèbre les femmes et les hommes qui créent, innovent, entreprennent, inventent des réponses durables aux défis économiques, sociaux, environnementaux, éducatifs, sanitaires et culturels de notre temps. Elle met en lumière ces bâtisseurs de demain qui, dans l’ombre, font bouger les lignes. Notre particularité réside dans notre approche : le journalisme de solutions. Nous utilisons les médias non pas pour amplifier les crises, mais pour mettre en lumière ce qui fonctionne, ce qui inspire et ce qui mérite d’être reproduit ailleurs. Notre objectif est double : changer le regard porté sur l’Afrique à l’échelle mondiale et faire des journalistes et des médias de véritables catalyseurs de solutions. En somme, la SAS est plus qu’un événement. C’est un mouvement panafricain de transformation, une plateforme d’union et de coopération entre les forces vives du continent et de sa diaspora, un lieu où l’Afrique se raconte autrement, par elle-même, à travers ses réussites, ses talents et ses innovations.
A.E : Quel bilan tirez-vous de la troisième édition de la SAS qui s’est tenue récemment ?
Le bilan de cette troisième édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) est très positif, porteur d’espoir et de résultats concrets. Elle a confirmé non seulement la pertinence de notre vision, mais aussi l’adhésion croissante des Africains et de leurs partenaires internationaux à une nouvelle approche : celle du journalisme de solutions et de la valorisation des innovations africaines. Nous avons réuni à Paris des participants issus d’une quarantaine de pays, venus d’Afrique, d’Europe, d’Amérique et des Caraïbes, illustrant la richesse, la diversité et la vitalité du continent et de sa diaspora. Durant cette édition, plus de 300 solutions africaines ont été présentées, dans des domaines aussi variés que l’éducation, l’agriculture, la santé, l’environnement, les technologies, la culture, l’entrepreneuriat social et la finance inclusive. Au-delà des chiffres, la SAS 2025 a surtout été un formidable catalyseur d’opportunités. De nombreux partenariats structurants ont vu le jour, notamment entre startups, investisseurs, institutions publiques et organisations internationales. Plusieurs jeunes porteurs de solutions ont bénéficié d’un accompagnement personnalisé grâce à nos partenaires techniques et financiers, leur permettant d’accélérer le développement et la visibilité de leurs initiatives. La SAS s’impose désormais comme le rendez-vous annuel incontournable de l’Afrique qui innove et agit. C’est une plateforme de rencontres, d’échanges et de collaborations concrètes entre les bâtisseurs d’une Afrique nouvelle, tournée vers l’action, la créativité et la durabilité. Plus qu’un événement, cette édition a consolidé un mouvement : celui d’une Afrique des solutions, consciente de son potentiel, fière de son génie collectif et déterminée à inspirer le monde.

A.E : Quels ont été les moments forts et initiatives les plus marquants cette année ?
Cette troisième édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) a été un véritable concentré d’énergie, d’innovation et d’inspiration. Elle a offert une vitrine exceptionnelle à l’Afrique des talents, des idées et des actions. Plusieurs moments forts ont particulièrement marqué les esprits et confirmé la portée unique de cet événement panafricain et international.
- La présentation de plus de 300 initiatives innovantes et à impact positif, issues de 40 pays, dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’agriculture, de l’environnement, des technologies, de la culture et de l’entrepreneuriat social. Ces projets concrets ont démontré la créativité et la résilience des Africains face aux grands défis du continent.
- Plus de 100 intervenants mobilisés en 48 heures : des experts, entrepreneurs, décideurs, chercheurs, journalistes, investisseurs et jeunes leaders ont partagé leurs expériences, solutions et visions du changement à travers des panels constructifs et keynotes inspirants.
- Des ateliers créatifs et participatifs, véritables laboratoires d’idées, ont permis aux participants de co-construire des pistes d’action concrètes autour de thématiques stratégiques telles que l’économie verte, la transition numérique, la jeunesse, le leadership féminin ou encore le financement des innovations africaines.
- Un espace d’exposition dynamique a mis en lumière des produits, services et technologies conçus par des entrepreneurs africains et issus de la diaspora. Cet espace a favorisé les synergies entre créateurs, investisseurs et institutions.
- Des productions médiatiques 100 % solutions : reportages, interviews et émissions spéciales ont été diffusés, notamment un documentaire inédit sur l’économie circulaire en République Démocratique du Congo, démontrant comment des initiatives locales peuvent devenir des modèles de durabilité.
- Des distinctions honorifiques symboliques et inspirantes :
- 100 Médailles d’Honneur et 50 Médailles du Mérite ont été remises à des Ambassadeurs de Solutions pour l’Afrique, en reconnaissance de leur engagement pour la transformation du continent.
- 15 Trophées des Acteurs de Solutions, d’Espoirs et du Changement ont célébré des parcours remarquables.
- Le Forum des Ambassadeurs de Solutions, moment de dialogue de haut niveau, a réuni des leaders venus d’Afrique, d’Europe et de la diaspora pour échanger sur les leviers d’une coopération plus intelligente, équitable et durable entre les peuples et les continents.
- La formation d’une cinquantaine de journalistes africains au journalisme de solutions, une initiative stratégique visant à transformer la manière de raconter l’Afrique.
L’objectif est de faire des médias et des journalistes de véritables accélérateurs de solutions, capables de valoriser les initiatives positives, de redonner confiance aux citoyens et de renforcer la cohésion sociale. Cette formation a permis de doter les participants d’outils concrets pour identifier, documenter et diffuser les innovations locales, tout en favorisant un journalisme constructif et orienté impact. Au-delà du renforcement des capacités, elle a contribué à créer un réseau panafricain de journalistes de solutions, engagés à relayer une image plus juste, plus inspirante et plus mobilisatrice du continent. C’est un pas décisif vers une écosystème médiatique africain plus responsable, où chaque histoire devient un levier de changement, d’engagement citoyen et de transformation durable.
Enfin, cette édition a marqué une étape historique avec la création de quatre structures stratégiques destinées à renforcer la gouvernance et la durabilité du mouvement SAS :
- Le Réseau des Ambassadeurs de Solutions pour l’Afrique, chargé de structurer, dynamiser et faire rayonner un réseau mondial d’acteurs porteurs de solutions concrètes pour un développement durable, inclusif et inspirant ;
- Le Comité de Mobilisation des Financements pour les Grands Projets de la SAS, responsable de la recherche, de la coordination et de la mobilisation des ressources financières nécessaires à la réalisation des grands projets issus de la SAS ;
- Le Comité de pilotage du Réseau des Médias et Journalistes de Solutions pour l’Afrique, dédié à la promotion du journalisme de solutions et à la valorisation des initiatives africaines à impact positif à travers les médias ;
- Le Comité de pilotage d’Innov’Africa Hub, plateforme réunissant innovateurs, chercheurs, scientifiques, entrepreneurs et créatifs engagés pour transformer les défis africains en opportunités durables.
En somme, cette édition a été bien plus qu’un événement : une célébration vivante du génie africain, un carrefour d’inspiration et un puissant tremplin pour une Afrique des solutions, résolument tournée vers l’avenir.

A.E : Selon vous, quels impacts concrets la SAS a-t-elle eu sur les projets innovants africains ?
L’impact de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) se mesure aujourd’hui par les résultats tangibles observés sur le terrain. Depuis sa création, cet événement n’est pas seulement une vitrine d’initiatives inspirantes, mais un véritable accélérateur de solutions concrètes pour le continent. Grâce à la SAS, de nombreux porteurs de projets innovants ont gagné en visibilité, crédibilité et accompagnement stratégique. En les connectant à des investisseurs, mentors, médias et institutions, nous leur avons permis de franchir des étapes décisives dans leur développement. Plusieurs startups et organisations détectées à la SAS ont depuis intégré des programmes d’incubation de haut niveau, obtenu des financements structurants, noué des partenariats internationaux durables ou participé à des émissions dans des médias africains et internationaux. Parmi les réussites les plus marquantes :
- Irokko, la startup fondée parSaliou DIALLO et dédiée à la protection de l’environnement et à la valorisation des ressources naturelles, a connu une véritable accélération grâce à sa participation à la SAS. L’entreprise a non seulement été mise en lumière dans plusieurs émissions médiatiques internationales, mais a aussi signé des partenariats stratégiques avec des acteurs institutionnels et privés en Afrique de l’Ouest, renforçant ainsi son ancrage et son impact sur le terrain.
- iYara, la société innovante de Martial BATCHO, spécialisée dans les solutions numériques au service de la santé, a également tiré profit de la SAS 2025 pour étendre son réseau de partenaireset sceller de nouveaux accords de collaboration. Ces partenariats lui permettront de renforcer la digitalisation des services de santé en Afrique, en facilitant l’accès aux soins et en optimisant la gestion des données médicales.
- Peggy BOEDE, fondatrice de KEA Stérilisation Hygiène et Services et de KEA Santé Afrique, a consolidé ses partenariats internationaux dans le domaine de la santé grâce à la visibilité offerte par notre plateforme.
- Et plus récemment, Youssef El AZOUZI, inventeur marocain lauréat du Prix Afrique Solutions 2025 pour son dispositif médical révolutionnaire contre l’insuffisance cardiaque, a reçu une proposition de transfert de sa startup vers la France afin de bénéficier d’un soutien financier allant jusqu’à 70 % pour les essais cliniques des start-ups Deep Tech.
Au-delà des succès individuels, la SAS a contribué à structurer de véritables écosystèmes locaux de solutions, en mettant en relation des entrepreneurs, médias, institutions publiques, chercheurs, investisseurs et organisations internationales. Nous avons ainsi favorisé la coopération interafricaine et le dialogue entre la diaspora et le continent, deux leviers essentiels pour la souveraineté économique et l’innovation africaine. Mais, l’impact le plus fort reste humain et collectif : c’est la naissance d’une communauté panafricaine de bâtisseurs, rassemblant des milliers d’acteurs du changement qui partagent la même vision, celle d’une Afrique qui se prend en main, crée ses propres réponses et inspire le monde par son audace et sa créativité. En somme, la SAS agit comme un catalyseur d’opportunités, un accélérateur d’innovations, et surtout, un mouvement durable qui transforme la manière dont on pense, raconte et construit l’Afrique d’aujourd’hui et de demain.
A.E : Pouvez-vous partager quelques exemples de solutions africaines qui vous ont particulièrement impressionné ?
Oui, plusieurs projets m’ont profondément marqué, car ils incarnent cette Afrique audacieuse qui innove, crée de la valeur et affirme sa place dans le monde. Je pense d’abord à Gaindesat-1A, le premier satellite conçu et développé par des ingénieurs et chercheurs sénégalais. Véritable bijou technologique coordonné par le Professeur Gayane FAYE, ce projet symbolise l’émergence d’une souveraineté scientifique et numérique africaine. Il ne s’agit pas seulement d’un exploit spatial, mais d’une démonstration de savoir-faire local, d’intelligence collective et de foi en nos capacités. Gaindesat-1A ouvre la voie à une ère nouvelle : celle de la souveraineté technologique, de la recherche appliquée et du développement durable au service du continent. Un autre exemple inspirant est celui du Dr Youssef El AZOUZI, fondateur d’Aorto Medical au Maroc. Cette start-up, née à Tanger en 2020, se situe à l’intersection de la médecine, de l’ingénierie et de l’entrepreneuriat. Elle révolutionne la prise en charge de l’insuffisance cardiaque grâce à une technologie innovante, accessible et adaptée aux réalités africaines. Une belle illustration de la santé de demain pensée par des Africains, pour les Africains. Je citerai également Mountaga KEÏTA, fondateur de Tulip Industries Ltd, une entreprise guinéenne qui fabrique localement des bornes de télémédecine, des mallettes médicales connectées, des drones de pulvérisation et des tablettes éducatives. Son ambition : rendre la technologie utile, accessible et souveraine. C’est un modèle d’industrie intelligente, pensée pour répondre aux défis du continent. En République Démocratique du Congo, Bobo Bob BENZA s’attaque à la crise environnementale avec créativité. En transformant les déchets plastiques en poubelles écologiques et briques autobloquantes, il montre que l’économie circulaire peut devenir un moteur de développement et un levier d’emploi durable pour la jeunesse. Et comment ne pas mentionner Alain Capo-CHICHI, ce Béninois installé en Côte d’Ivoire, qui a mis au point un superphone africain, véritable concentré d’intelligence locale. Son téléphone, doté de commandes vocales en plusieurs langues africaines, répond aux besoins spécifiques du marché et prouve que l’Afrique peut concevoir ses propres outils numériques, adaptés à sa diversité culturelle et linguistique. Je pense aussi à Wafa RHALLAM, fondatrice de Smartglobe, qui a développé un logiciel innovant pour réduire la consommation et la facture d’énergie au Maroc, ou encore à la Togolaise Radia Ouro-GBELE, promotrice d’OG IT Consulting, une entreprise qui conçoit et déploie des solutions avancées de cybersécurité pour protéger les organisations africaines. La liste est longue, et c’est justement cela qui est encourageant : partout sur le continent, des femmes et des hommes inventent, transforment, et bâtissent des solutions concrètes pour améliorer le quotidien. Ces initiatives symbolisent l’Afrique que nous voulons promouvoir à travers la Semaine l’Afrique des Solutions : une Afrique créative, utile, ambitieuse et résolument tournée vers l’avenir.
A.E : Comment la SAS contribue-t-elle à changer le narratif autour de l’Afrique dans les médias et à l’international ?
La SAS est bien plus qu’un événement : c’est une révolution médiatique, narrative et intellectuelle. Nous avons fait le choix délibéré de raconter une autre Afrique, celle des bâtisseurs, des innovateurs, des créateurs de solutions concrètes. À travers notre réseau de journalistes, de médias partenaires et de communicants engagés, nous portons haut un récit différent, celui de la dignité, de la résilience, du génie africain et de la responsabilité collective. La Semaine l’Afrique des Solutions est née d’un constat simple : tant que d’autres raconteront notre histoire à notre place, ils la raconteront à leur manière. Il fallait donc créer une plateforme où les Africains reprennent la parole, assument leur identité et célèbrent leurs réussites. Nous défendons et diffusons le journalisme de solutions, une approche qui ne se limite pas à décrire les crises, mais qui met en lumière les réponses, innovations et succès qui transforment nos sociétés au quotidien. Ce changement de regard est essentiel : il permet de réconcilier l’Afrique avec elle-même, de restaurer la confiance collective, et d’inspirer une perception plus juste, équilibrée et respectueuse à l’échelle internationale. La SAS agit donc comme un média vivant, un mouvement de revalorisation symbolique et stratégique du continent. Chaque édition, chaque reportage, chaque histoire partagée contribue à redessiner l’imaginaire mondial sur l’Afrique : non plus celui d’un continent en attente d’aide, mais celui d’un continent en marche, fier, inventif et porteur de solutions pour lui-même et pour le monde.

A.E : Quels sont les principaux défis que vous avez rencontrés dans le développement de cette initiative ?
Comme toute aventure ambitieuse portée par une vision à long terme, la SAS a rencontré plusieurs défis. Le premier, c’est celui du financement durable. Nous avons fait le choix d’une indépendance totale, pour rester fidèles à nos valeurs et à notre mission. Cela exige une gestion rigoureuse et une recherche constante de partenaires alignés avec notre philosophie : soutenir l’action sans chercher à l’instrumentaliser. Le deuxième défi réside dans la mobilisation de l’écosystème africain, encore trop fragmenté. Créer une véritable synergie entre acteurs publics, privés et citoyens n’est pas chose aisée, surtout sur un continent et dans une diaspora où les initiatives abondent, mais travaillent souvent en silos. La SAS cherche justement à casser ces barrières, à faire dialoguer ceux qui agissent, innovent et transforment, au-delà des frontières et des statuts. Le troisième défi est plus culturel : changer les mentalités. Promouvoir les solutions suppose une culture de la positivité, de la rigueur, de la coopération et de la responsabilité. Ce n’est pas naturel dans un environnement où l’on a longtemps valorisé les discours sur les problèmes plutôt que les démonstrations de solutions. La SAS, comme je le dis souvent, est un événement particulier. Il ne s’agit pas de remplir une salle, de multiplier les discours ni de publier des photos pour faire le buzz. Ce que nous faisons est concret, structuré et mesurable. À la SAS, on ne vient pas « parler pour parler » :
on vient poser une problématique, en identifier la cause, présenter la solution qu’on a mise en œuvre et démontrer l’impact positif réel généré. C’est une nouvelle dynamique intellectuelle et pratique, qui demande un temps d’adaptation. Beaucoup d’intervenants, par habitude des conférences classiques, ont du mal à entrer dans cette logique de résultat. C’est pourquoi, dès la prochaine édition, nous avons décidé de former systématiquement tous les intervenants, afin de les aider à mieux valoriser leurs actions, à structurer leur message, à communiquer efficacement sur leurs réalisations et à convaincre partenaires, investisseurs ou médias. Car, et c’est un constat que je partage souvent, les Africains font des choses extraordinaires, mais beaucoup peinent encore à les promouvoir, les raconter et les faire reconnaître à leur juste valeur. Malgré ces défis, nous avons su tenir le cap, maintenir le cap et atteindre nos objectifs. Chaque obstacle rencontré a renforcé notre résilience et notre détermination à poursuivre cette mission : changer le regard sur l’Afrique, par l’action, la preuve et l’exemple.
A.E : Quels partenariats ou collaborations ont été déterminants pour le succès de la SAS ?
Vous me donnez là l’occasion de rendre un hommage appuyé à l’ensemble de nos partenaires, sans lesquels la Semaine l’Afrique des Solutions ne pourrait atteindre une telle portée. La réussite de la SAS repose sur une conviction forte : aucune transformation durable n’est possible sans alliances solides, sincères et stratégiques. Nos partenaires sont plus que des soutiens : ce sont des bâtisseurs, des visionnaires et des relais de confiance. Grâce à leur expertise, leur engagement et leur solidarité, la SAS s’est imposée comme un rendez-vous incontournable pour l’Afrique qui innove, agit et propose. Chaque partenaire, à son niveau, a joué un rôle essentiel dans cette réussite collective. Certains ont apporté un soutien institutionnel décisif, d’autres ont contribué à la visibilité médiatique, à la logistique, à l’expertise ou à la mobilisation communautaire. Ensemble, ils ont transformé une idée en un mouvement concret et durable. Je pense ici à la Mairie du 16ᵉ arrondissement de Paris, qui nous accueille avec bienveillance et confiance, à Orange Money Europe, notre partenaire stratégique, et au Bureau Africain de Construction d’Investissement & Divers (BACID). Je salue également OG IT Consulting, Lakacia, LH Partners, l’association et le média Notre Voix, l’association Adie, Global Africa Telesud, La Maison de l’Afrique, la Fondation Tamkine, Agojie Tour of Expertise (ATE), Cyan 12, MixITé Services Coaching, Talents Awake, NewsAfrica24, Association Cultures et Solidarités Internationales (CESI), Actualité Afrique Centrale (AAFC), Saphir Com, l’École publique de journalisme de Tours (EPJT), Mon Heure d’Afrique, Afrique Économie, et bien d’autres. Ces alliances plurielles et complémentaires sont la force vive de la SAS. Elles nous permettent de transformer les idées en actions concrètes, de donner de la visibilité aux solutions africaines et de bâtir, pas à pas, un écosystème continental de l’innovation et de l’impact positif. La SAS, c’est la preuve que lorsque les Africains unissent leurs talents et leurs ressources autour d’une même vision, tout devient possible.
A.E : Quel message souhaitez-vous transmettre aux jeunes Africains désireux de créer des solutions pour le continent ?
Mon message est simple : n’attendez pas les autres pour agir. Vous avez le pouvoir de changer votre communauté, votre pays, votre continent. Croyez en vos idées, entourez-vous de personnes bienveillantes, formez-vous et osez entreprendre. L’Afrique n’a pas besoin de sauveurs, elle a besoin de faiseurs, de bâtisseurs, de rêveurs lucides. Chaque solution, même petite, est une victoire pour le continent.
A.E : Comment voyez-vous l’évolution de la SAS dans les prochaines années ? Y a-t-il des projets d’expansion ?
Absolument. La SAS entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de son développement, marquée par l’ambition, la structuration et l’internationalisation. Notre vision est claire : faire de la SAS un mouvement mondial de référence, un écosystème puissant qui valorise et connecte les solutions africaines à impact positif, où qu’elles se trouvent. Concrètement, nous travaillons à l’internationalisation du modèle, avec le lancement progressif de SAS régionales en Afrique, en Europe et en Amérique. L’objectif est de rapprocher les acteurs du changement, entrepreneurs, chercheurs, universitaires, investisseurs, scientifiques, décideurs, médias, diasporas, et de créer des synergies locales capables d’accélérer la transformation du continent. En 2024 déjà, nous avons posé les premiers jalons de cette expansion avec une édition à Rabat, au Maroc, en octobre, qui a prolongé le succès de Paris en septembre. Cette dynamique va s’amplifier dans les prochaines années. Parallèlement, nous lançons deux initiatives structurantes :
- Le Réseau mondial des Ambassadeurs de Solutions, un programme international qui rassemblera à terme 10.000 membres engagés à promouvoir, soutenir et faire rayonner les initiatives africaines dans leurs pays respectifs ;
- Le Innov’Africa Hub, un espace d’incubation et de collaboration dédié à la recherche, l’innovation et la créativité africaine, destiné à accompagner concrètement les porteurs de solutions, de l’idée à la mise en œuvre.
Notre ambition est simple mais forte : faire de la SAS le plus grand mouvement international consacré aux solutions africaines, un levier durable de transformation, de rayonnement et d’influence positive pour l’Afrique et sa diaspora. La SAS n’est pas seulement un événement, c’est un état d’esprit, une communauté d’acteurs et une vision du futur. Et dans les années à venir, nous voulons qu’à travers elle, chaque Africain, où qu’il se trouve, puisse devenir porteur de solutions et acteur du changement.
Interview réalisée par Nadège Koffi
