« France-Afrique : Vers une relation équilibrée et stratégique »

« France-Afrique : Vers une relation équilibrée et stratégique »

En 2025, la relation entre la France et l’Afrique connaît un tournant majeur. Après des décennies de présence militaire et d’influence politique directe, Paris cherche à réinventer son rôle sur le continent. Cette transformation reflète à la fois un contexte géopolitique en mutation et les nouvelles attentes des pays africains, qui revendiquent davantage de partenariats équilibrés et de coopération réelle.

La fin de l’ère militaire

Pendant des décennies, la France a maintenu des bases permanentes en Afrique de l’Ouest : Sénégal, Côte d’Ivoire, Gabon, Tchad. Aujourd’hui, cette présence s’achève presque totalement. Les dernières garnisons ferment ou ne subsistent que sous forme symbolique. Seule exception : Djibouti, où environ 1500 soldats français restent stationnés pour des raisons stratégiques.

Ce retrait marque la fin d’un système longtemps critiqué comme le vestige de la « Françafrique », perçu comme asymétrique et paternaliste. La France doit désormais repenser sa présence, en privilégiant le partenariat et la coopération, fondés sur l’échange et l’intérêt mutuel, plutôt que l’influence unilatérale.

Miser sur l’économie et la jeunesse

Privée de son levier militaire, la France concentre ses efforts sur l’Economie, la Culture et la Formation. Partenariats universitaires, laboratoires de recherche et Projets innovants dans les Energies Renouvelables ou l’Hydrogène vert se multiplient.

Le rapprochement avec le Maroc en 2024, concrétisé par plus de 10 milliards d’euros de contrats dans des secteurs innovants, illustre la volonté de Paris de coopérer sur des Projets d’avenir, bénéfiques à la fois pour la France et pour ses Partenaires africains.

Une coopération dans un contexte multipolaire

La France n’est plus seule en Afrique. La Chine investit massivement dans les infrastructures, la Russie s’implante via des sociétés de sécurité, et la Turquie et l’Inde développent leurs échanges avec le continent.

L’Afrique, consciente de son poids stratégique et démographique, diversifie ses Partenaires et refuse toute dépendance exclusive. La France doit donc se distinguer par la qualité de ses coopérations, le respect des souverainetés et l’investissement dans la jeunesse et la culture.

Culture et mémoire : Bâtir la confiance

En 2025, Paris inaugure la Maison des Mondes Africains, dédiée aux cultures et aux diasporas africaines. La restitution d’œuvres majeures, comme le tambour sacré « Djidji Ayôkwé » à la Côte d’Ivoire, démontre la volonté de coopérer en respectant la mémoire et les identités locales.

Ces initiatives dépassent la symbolique : elles posent les bases d’un dialogue durable et d’une relation fondée sur la confiance et la réciprocité.

Vers une relation véritablement gagnant-gagnant

Pour la France, il s’agit de rester présente sur le continent autrement, en partageant savoir-faire, marchés et Projets communs. Pour l’Afrique, le défi est de négocier des partenariats équitables qui favorisent le développement, l’emploi des jeunes et la valorisation culturelle.

En 2025, la relation France-Afrique ne disparaît pas, mais change profondément de nature. Le temps des bases militaires et de l’influence quasi exclusive est révolu. Une phase de coopération horizontale s’ouvre, où Economie, Culture, Jeunesse et Mémoire deviennent les leviers d’une relation réellement gagnant-gagnant.

La question reste ouverte : la France saura-t-elle s’adapter à ce nouveau paysage ? Et l’Afrique acceptera-t-elle de faire de la France un partenaire parmi d’autres, dans un continent où les choix sont désormais nombreux ?

Loubna, Feirouze EL MAHMOUDI Éditorialiste (contribution pour Afrique Economie)

 

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