Après une formation qualifiante à l’IMGH de Yopougon, notre jeune dame Eloïse ZINON a travaillé pendant quatre ans comme Pâtissière cantinière. Elle a ensuite intégré l’École Hôtelière de Bassam (EHB), ce qui lui a permis d’évoluer comme Cheffe dans plusieurs Restaurants et Hôtels. Cheffe Elo pour son amour de la Pâtisserie, ne lésine pas à se perfectionner, ce qui lui donne des postes à responsabilités dans son domaine d’activités. Aujourd’hui, la Pâtissière Elo a décidé de donner l’opportunités à la jeunesse afin de faire de ce métier, un métier noble. Cheffe Elo a décidé de lancer très prochainement « Les Ateliers du Cheffe Élo ».
Dans cette interview, elle nous en parle et aussi nous fait des propositions afin d’assainir le secteur.
A.E : Présente-toi à nos lecteurs
Je suis Éloïse ZINON, Cheffe passionnée et Fondatrice des « Ateliers du Cheffe Élo ». J’accompagne les femmes et les passionnés de cuisine à connaître les bases de la cuisine et pâtisserie, se former, structurer leur savoir-faire et lancer leur propre activité. À travers mes ateliers et bientôt mon roman pédagogique, je rends notre métier accessible, professionnel et rentable.
A.E : Comment commence ton amour pour la cuisine ?
J’ai grandi dans un environnement festif, et qui dit fête, dit toujours beaucoup de plats à cuisiner ! C’est comme ça que l’amour est né, naturellement. Mais pendant longtemps, je ne savais pas qu’on pouvait en faire un métier. C’est à Abidjan, pendant mes études en comptabilité, que j’ai découvert la filière cuisine et je me suis lancée.

A.E : Quelle est ton parcours professionnel ?
Après une formation qualifiante à l’IMGH de Yopougon, j’ai travaillé pendant quatre ans comme Pâtissière cantinière. J’ai ensuite intégré l’École Hôtelière de Bassam (EHB), ce qui m’a permis d’évoluer comme Cheffe dans plusieurs Restaurants et Hôtels. J’ai ensuite ouvert ma boutique de pâtisserie à Soubré, où je suis installée depuis deux ans. Toujours en quête de perfection, j’ai rejoint le Centre des Métiers de la Boulangerie (CMB.CI) pour me recycler, tout en occupant successivement des postes de responsabilité comme Exécutif dans deux Hôtels ( Bassam et Meagui) , Cheffe pâtissière dans trois restaurants gastronomiques de la place, des collaborations professionnels jusqu’à aujourd’hui.

A.E : Quelle est en ce moment ton actualité ?
En ce moment, je développe mon Projet « Les Ateliers du Cheffe Élo », un Programme de formation pratique et en ligne pour les passionnés de cuisine et pâtisserie, avec un focus sur la structuration et la rentabilité. Je prépare aussi la sortie d’un roman pédagogique destiné aux jeunes en formation culinaire et aux amoureux autodidacte de la cuisine et je poursuis des collaborations pour élargir l’impact de mes ateliers à l’échelle nationale.

A.E : Quelles sont les qualités d’un Chef cuisiner ?
Je préfère la casquette de Cheffe pâtissière, mais pour généraliser, je dirais qu’un bon Chef doit être croyant, rigoureux, propre, ponctuel, économe, humble, courageux et honnête. Il y a beaucoup de qualités importantes, mais celles-ci sont, selon moi, la base.
A.E : Donne-nous les grandes articulations de l’événement du 30 juillet prochain ?
Le 30 juillet 2025, nous organisons un atelier de formation culinaire intensif autour de trois recettes phares : le pain fourré, les pastels et les nems. Au programme, on aura l’accueil et installation des participants ; la présentation des recettes et des techniques de base ; la mise en pratique en petits groupes ; la dégustation et échanges et découvertes de nos partenaires lucarnes branding partenaires et la remise de certificats de participation. C’est un moment d’apprentissage, de partage et surtout une opportunité pour les passionnés de se professionnaliser et de découvrir les bases d’une activité rentable. Ce qui va aider des femmes et jeunes à pouvoir créer une activité axée sur la maîtrise d’un ou deux produits salés de pâtisserie et créer leurs niches.

A.E : Quels sont les conseils que tu peux donner à une personne qui envisage se lancer dans le domaine de la pâtisserie ?
Je dirais qu’il faut prendre la pâtisserie au sérieux, au même titre qu’une formation d’ingénieur ou tout autre métier technique, il faut y mettre le prix. Tout s’apprend, et plus on apprend, mieux on pratique. Il faut aussi rester humble, car même avec de l’expérience, on a toujours quelque chose à apprendre. Ce métier n’est pas un métier statique donc faut toujours évoluer avec son temps sinon on est dépassé et plus compétitif.
A.E : Quelle est ton analyse de ton secteur d’activité ?
À part les Professionnels qui en ont fait un vrai métier, beaucoup d’autodidactes pensent encore que poser une casserole sur le feu suffit pour réussir dans la cuisine. Non, ce métier demande bien plus que ça. C’est une discipline complète, qui mêle technique, gestion, hygiène, créativité et rigueur. Le secteur de la cuisine et de la pâtisserie sont riches en opportunités. Un seul restaurant ne suffira jamais à nourrir toute une ville, encore moins un pays. Il y a de la place pour tout le monde, mais pas dans l’improvisation. Ce n’est pas parce que c’est accessible qu’on doit négliger les bases ! Il faut se former, se structurer et se professionnaliser, car au fond, bien manger, c’est déjà se soigner. Nourrir les autres, c’est une vraie responsabilité. Ce métier mérite d’être respecté, valorisé, et exercé avec conscience.
A.E : Des propositions à faire pour assainir le secteur ?
Je salue les efforts de notre Ministre de tutelle et de plusieurs acteurs engagés pour la promotion des métiers de l’hospitalité. Cela montre que les choses commencent à bouger, et c’est à saluer. Mais il faut aller plus loin. Pour assainir et faire évoluer le secteur, je propose notamment de valoriser davantage les écoles de métiers de bouche, à travers les médias, les émissions culinaires, le sponsoring d’événements professionnels, etc ; de structurer le secteur en encourageant tous les acteurs, du plus petit au plus grand, à s’enregistrer dans une ou deux fédérations officielles, afin de mieux encadrer les pratiques ; de rendre les formations plus accessibles, en subventionnant certains produits de base et équipements professionnels, pour ceux en apprentissage ou en reconversion et enfin comme les fonctionnaires d’État ont leur carte professionnelle, pourquoi ne pas envisager une carte métier pour les acteurs des métiers de bouche ? Ce serait un outil d’identification, de reconnaissance et peut-être d’accès à certains avantages (formations, financements, équipements). Avec ces mesures, on avancerait vers un secteur plus crédible, mieux structuré et durable.
A.E : Ton mot de fin
J’ai appris, et bien appris de mes Chefs, et je continuerai d’apprendre mais je suis prête à partager un peu mon expérience de 10 ans dans le métier. La cuisine, ce n’est pas juste un talent, c’est un vrai métier. Et comme tout métier, ça s’apprend, ça se respecte, et ça évolue. J’encourage tous ceux qui ont la passion à oser se former, à se structurer investir en eux et à croire en leur potentiel. Je reste engagée à transmettre, à valoriser notre savoir-faire local, et à accompagner chaque passionné vers une cuisine professionnelle, rentable et fièrement assumée. Merci au média Afrique Economie pour l’opportunité que vous m’avez donné de m’exprimer.
Interview réalisée par Nadège Koffi
