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SEM Anderson BLANC, nouvel Ambassadeur du Canada en Côte d’Ivoire : « Le Canada étant le 1er investisseur dans le secteur minier en Côte d’Ivoire. Mon mandat principal en Côte d’Ivoire est de m’assurer du rayonnement du Canada et du renforcement de la relation bilatérale entre nos deux pays et ce, dans tous les domaines d’activités d’intérêts »

SEM Anderson BLANC, nouvel Ambassadeur du Canada en Côte d’Ivoire : « Le Canada étant le 1er investisseur dans le secteur minier en Côte d’Ivoire. Mon mandat principal en Côte d’Ivoire est de m’assurer du rayonnement du Canada et du renforcement de la relation bilatérale entre nos deux pays et ce, dans tous les domaines d’activités d’intérêts »

Ayant présenté ses lettres de créances le 09 septembre 2022 au Président de la République de Côte d’Ivoire SEM Alassane OUATTARA, le nouvel Ambassadeur du Canada en Côte d’Ivoire, SEM Anderson BLANC, entend renforcer la Coopération entre les deux pays, qui existe depuis plus d’une soixantaine d’années.

Le Canada, pays Nord-Américain situé entre les États-Unis au Sud et le cercle polaire au Nord, est composé de principales villes que sont Toronto, Vancouver, Montréal et Québec, toutes deux francophones, et Ottawa, la capitale. Ce pays économiquement puissant, selon les dernières tendances, le PIB réel devrait croître de 3.8 % en 2022 et de 2.6 % en 2023.

Le Canada qui fait partie des meilleurs Partenaires de la Côte d’Ivoire dans divers domaines ; par l’arrivée du nouvel Ambassadeur du Canada, SEM Anderson BLANC, le pays envisage faire mieux et surtout que cette coopération soit basée sur la Confiance et la Synergie.

Première interview accordée avec le site www.afriqueeconomie.net en Côte d’Ivoire depuis son arrivée, le Diplomate canadien SEM Anderson BLANC, nous a fait un bref bilan de cette coopération entre les deux pays, où il nous révèle que le Canada est le 1er investisseur dans le secteur Minier en Côte d’Ivoire et qu’en juin 2022, une contribution du Canada au Plan National de Développement (PND 2021-2025) à hauteur de 134 millions de dollars canadiens (69 milliards de FCFA) a été engagée.

L’Ambassadeur du Canada en Côte d’Ivoire nous donne également son analyse de la position de la Côte d’Ivoire, au niveau du continent africain ; ainsi que son analyse sur l’immigration clandestine de la jeunesse africaine.

A.E : Présentez-vous à nos lecteurs

Je suis Anderson BLANC, Ambassadeur du Canada en Côte d’Ivoire. Je suis né en Haïti et j’ai grandi à Montréal au Canada. J’ai déjà été travailleur social auprès des jeunes. Avec deux amis, j’ai aussi cofondé une entreprise. Après l’université, j’ai réussi le processus d’embauche du Ministère des Affaires étrangères du Canada. Auparavant, j’ai représenté le Canada, de manière non-exhaustive, dans les pays suivants : Thaïlande, Ghana, Sénégal, Togo, Burkina Faso. Actuellement, je suis accrédité en Côte d’Ivoire et bientôt au Libéria que je couvrirai d’Abidjan.

A.E : Après avoir remis vos lettres de créances au Président de la République de Côte d’Ivoire, SEM Alassane OUATTARA, quels sont les premiers chantiers que vous envisagez réaliser ?

Mon mandat principal en Côte d’Ivoire est de m’assurer du rayonnement du Canada et du renforcement de la relation bilatérale entre nos deux pays et ce, dans tous les domaines d’activités d’intérêts. Nous devons donner la priorité à la confiance, aux relations humaines, à la prospérité et au vivre ensemble.Nous envisageons la création d’un milieu d’échanges et de partenariats par le biais d’un réseau d’Ambassadeurs qui sera constitué d’amis et d’anciens étudiants du Canada.

A.E : Nous savons que la Coopération ivoiro-canadienne est lancée depuis plusieurs années dans divers secteurs d’activités, pouvez-vous nous faire un bref bilan jusqu’à 2021 ?

Notre relation, basée sur la confiance et la synergie, date de plus de 60 ans. Le Canada est très heureux d’avoir pu annoncer, en juin 2022, une contribution au Plan national de développement (PND 2021-2025) à hauteur de 134 millions de dollars canadiens (69 milliards de FCFA) lors de la rencontre du Groupe Consultatif pour le Financement du PND entre le Gouvernement de la Côte d’Ivoire et ses partenaires financiers à Abidjan. Je tiens d’ailleurs à féliciter le Gouvernement de la Côte d’Ivoire pour avoir dépassé ses objectifs de financement. Lorsqu’on parle du PND, la question de la dignité humaine et l’autonomisation des Femmes, comme principe de développement économique et social, est un élément structurant transversal.  La relation Canada-Cote d’Ivoire bénéficie de l’adéquation de nos valeurs communes, par exemple sur la question de l’autonomisation économique, sociale, politique des Femmes et de la Santé sexuelle et reproductive. Cette relation de confiance et cette disponibilité des autorités ivoiriennes à un très haut niveau nous permettent d’avancer ensemble. Le Canada vient de lancer quelques Projets pour accompagner les ambitions du Gouvernement de Côte d’Ivoire. On a un bon corpus de travail commun en dignité humaine et en gouvernance inclusive.

A.E : Quelle est votre analyse de la position de la Côte d’Ivoire, au niveau du continent africain, mais surtout de la sous-région ?

La Côte d’Ivoire joue un rôle de leader dans la sous-région. 1ère économie francophone en Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire exerce aussi un leadership régional, continental et mondial. J’ai mentionné l’adéquation des valeurs, quand on parle de l’égalité des genres ; c’est une priorité pour le Canada, la Côte d’Ivoire et plusieurs autres pays. Il faut ouvrir les portes, offrir des opportunités. Au niveau de la sécurité, la menace du terrorisme, qui était principalement concentré aux pays du Sahel, se rapproche de plus en plus des pays côtiers, dont la Côte d’Ivoire. Cette dernière joue un rôle primordial, entre autre, à travers des formations sur le plan de la sécurité offertes à des pays de la sous-région. Cette collaboration doit se poursuivre, car la menace terroriste n’a pas de frontière. Le rôle de la Côte d’Ivoire est visible, concret et remarqué sur le plan économique, politique, coopératif et sécuritaire, dans la région, sur le continent et à travers le monde

A.E : L’Education est un pilier important pour tout développement d’une nation. Qu’est-ce que le Canada a déjà mené et entend encore faire avec la Côte d’Ivoire ?

L’éducation se retrouve sous deux principaux aspects pour nous :

Notre événement « EduCanada », qui se tient annuellement, lorsque la situation le permet, offre aux étudiants ivoiriens l’occasion de se renseigner sur les études au Canada directement auprès des Institutions canadiennes en visite en Côte d’Ivoire et dans la sous-région. Les étudiants ivoiriens qui ont l’opportunité d’aller étudier au Canada peuvent en profiter pour acquérir des compétences clés et des expériences concrètes. En fonction de leurs domaines d’études, ils peuvent acquérir de l’expérience en travaillant au Canada un certain nombre d’années avant de repartir en Côte d’Ivoire pour aider au développement économique du pays. Il s’agit d’éviter le phénomène de l’exode des cerveaux et de créer une relation mutuellement bénéfique pour nos deux pays. L’éducation, c’est aussi au niveau de la coopération : donner accès aux filles, reconnaître les barrières systémiques qui peuvent exister. Nous avons actuellement deux Projets : un avec l’UNICEF et un avec le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) ; le Projet avec le UNFPA qui est dans ses dernières semaines, vise « le Droit à l’éducation inclusive et le maintien des filles à l’école en Côte d’Ivoire ». Avec l’UNICEF, nous voulons « Améliorer l’accès des filles à une éducation sécuritaire », pendant une année. Ces Projets assez similaires sont centrés sur le maintien des filles à l’école, des jeunes qui sont vulnérables ou marginalisés. On parle notamment de jeunes handicapés, des jeunes qui ont des références différentes par rapport au reste de la population. Sont touchés par ces Projets, 1,5 millions de filles et de jeunes.

L’éducation, c’est de regarder les questions de Santé sexuelle et reproductive, comme une cause d’échec ou d’abandon scolaire. C’est aussi de travailler à la fois avec le Ministère ivoirien de l’Education et de l’Alphabétisation, de la Santé, de la Jeunesse, de l’Emploi et de la Formation, pour que ces conditions et ces éléments soient traités et que les filles puissent avoir un environnement d’éducation sécuritaire. Nous avons augmenté le financement de ces Projets pour soutenir le système éducatif, pour des mesures d’hygiène par rapport à l’accès à l’école et des mesures pour que l’éducation et les cours puissent continuer sous des formes différentes et assurer le retour en classe des élèves, notamment les plus fragiles.

A.E : A combien de ressortissants est estimé les canadiens en Côte d’Ivoire et les secteurs d’activités auxquels ils exercent en majorité ?

Il y a environ 1200 citoyens canadiens enregistrés en Côte d’Ivoire et presqu’autant qui ne le se sont pas.  Nous invitons donc les citoyens canadiens présents sur le sol ivoirien à s’inscrire en ligne au www.voyage.gc.ca. Le processus est rapide et permet de recevoir des alertes au niveau de la sécurité, par exemple. Les secteurs d’activités de ces Canadiens sont variés. On les retrouve évidemment dans le secteur Minier : le Canada étant le 1er investisseur dans le secteur minier en Côte d’Ivoire. Ils œuvrent aussi dans le secteur des Technologies Numériques et des Technologies de l’Information et des Communications et le secteur Financier. Il est question d’industrialisation de la Côte d’Ivoire et de l’accélération du développement économique du pays. De plus en plus de canado-ivoiriens reviennent faire des affaires au pays ; leurs secteurs d’activités sont variés et témoignent de la diversité et de la vivacité de l’économie ivoirienne.

A.E : Combien d’Entreprises canadiennes sont installées en Côte d’Ivoire et les secteurs les plus importants ?

Il est difficile de donner un chiffre exact mais on constate une augmentation du niveau d’intérêt. Au-delà du secteur Minier, mentionné auparavant, il faut penser aux Technologies propres, à l’exploitation minière verte. Le changement climatique est réel ! Le Canada a développé en 2021 une stratégie améliorée en matière de responsabilité sociale des Entreprises qui démontre clairement qu’il s’attend à ce que les Entreprises canadiennes fassent la promotion des valeurs canadiennes et qu’elles opèrent selon les plus hauts standards d’éthique, peu importe les pays où elles opèrent. Le partenariat est important, il ne suffit pas de vendre des produits, il faut apprendre à connaître le marché, la culture d’affaires, penser à la formation, au transfert des connaissances, de technologies ; c’est cela prospérer ensemble.

A.E : Quelle est votre analyse sur l’immigration clandestine des jeunes africains ?

Il y a plusieurs aspects à considérer. Souvent, ces jeunes se font vendre des rêves : le mirage de l’oasis dans le désert ; beaucoup de mensonges et de désinformation. Trop de jeunes ont perdu leur vie lors de ces voyages fatidiques. On constate que le Gouvernement de la Côte d’Ivoire investit de plus en plus à cet effet. Plus de Programmes voient le jour pour encourager les jeunes, leur donner de l’espoir, leur montrer qu’il y a beaucoup à faire en Côte d’Ivoire. Il n’y a pas de sot métier, le travail de chacun doit être valorisé. On connaît la réalité ; c’est l’effort, le dur labeur qui rapporte. Il faut s’engager, redonner à son pays ; trouver ou créer son propre emploi ; il faut aller chercher l’expérience, faire des stages. Il y a aussi un grand rôle à jouer par le secteur privé dans la création d’emplois et l’offre d’opportunités. Les parents, les enseignants, les médias sociaux ont tous un rôle essentiel afin de donner espoir et créer des opportunités réelles pour tous ces jeunes.

A.E : Si on vous demandait de « vendre » le Canada, à des opérateurs économiques qui ont le désir d’investir dans votre pays ; quels seront les mots et paroles pour les attirer et motiver ?

Pour le Canada, il est question de structures économiques efficaces, de savoir-faire international, d’une main d’œuvre hautement qualifiée. Au-delà de cela, il est aussi question de partenariats gagnants-gagnants qui peuvent aider à mieux comprendre la culture des affaires au Canada. On a en place un système très transparent, au niveau des contrats (système juridique très fort) ; on a des accords avec les États-Unis, le Mexique, l’Union Européenne (UE), entre autres. Donc, s’établir au Canada, c’est avoir accès à beaucoup de marchés. Le régime fiscal est concurrentiel tout comme la facilité pour la création d’une nouvelle entreprise. La qualité de vie est élevée, il fait bon vivre au Canada et le système d’éducation est parmi les meilleurs à travers le monde. Nous conseillons à toute Entreprise désireuse d’investir au Canada de passer par le Service des Délégués Commerciaux (SDC) du Canada que l’on retrouve sur le site de l’Ambassade et nos collègues de la section Commerce sont prêts à vous appuyer.

A.E : Depuis votre arrivée en Côte d’Ivoire, qu’est-ce qui vous a le plus marqué ?

La chaleur humaine ; les ivoiriens sont accueillants ; un peuple solidaire qui sait profiter de sa diversité culturelle. Un pays qui a intérêt à être connu, ses attraits touristiques, sa culture, ses arts et sa gastronomie. Un point qui m’a marqué c’est l’importance de la réconciliation avec les actions concrètes qui sont prises et un désir réel d’avancer, de prospérer ensemble. Cette réconciliation favorise la stabilité politique et économique ; le développement, la création d’emplois et l’inclusion. Donc, l’émergence d’un cercle vertueux. Il est aussi question de réconciliation au Canada avec les peuples autochtones (les Premières Nations, les Inuits et les Métis). Ces trois groupes distincts ont leur propre histoire ainsi que leurs propres langues, pratiques culturelles et croyances. Ce sont des thèmes importants pour nos deux pays qui démontrent l’importance d’être à l’écoute de l’autre, de faire preuve d’empathie. Tout cela est basé sur une relation de confiance. Pour bâtir cette confiance, nous nous retrouvons dans nos valeurs communes comme l’intégrité, la dignité humaine, le respect, la démocratie, le vivre-ensemble, l’importance du genre, l’équité, la diversité et l’inclusion : apporter une place décisionnelle aux femmes et offrir des opportunités équitables d’éducation aux filles.

A.E : Votre mot de fin à nos lecteurs

La Côte d’Ivoire, comme son peuple, est pleine de potentiel et de possibilités. Nous continuons à travailler en étroite collaboration avec les différentes instances pour renforcer nos partenariats dans tous les domaines et créer des situations et des opportunités mutuellement bénéfiques. Nous souhaitons continuer à accompagner et appuyer la Côte d’Ivoire dans son développement.

Un mot sur les jeunes ! On dit souvent qu’ils sont l’avenir. Mais, pour ce faire, il faut leur donner des opportunités ; leur permettre de travailler et d’exploiter leur plein potentiel. De leur côté, ils doivent travailler fort, croire en eux, donner le meilleur d’eux-mêmes dans l’intégrité et la dignité. En conclusion, l’échec ce n’est pas d’essayer et ne pas réussir ; c’est d’abandonner (d’arrêter d’essayer). Tant qu’on n’arrête pas d’essayer, on crée des opportunités d’apprentissage et d’amélioration. Dans tout ce qu’on fait, tant qu’on n’a pas baissé les bras, il existe toujours une probabilité de succès et de réussite.

Interview réalisée par Nadège Koffi

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